24/01/2017

RIE III : UN NON DE LA RAISON ET DE LA DIGNITÉ

La 3e réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) est une nouvelle mesure néolibérale: le 1% y gagnerait gros et les 99% y perdraient le lard du chat. Elle vise à réduire massivement la contribution des grandes sociétés privées (les PME n’y gagneraient rien) au financement des services publics et des prestations sociales. Tout comme la pression sur les salaires directs et le maintien de charges patronales très faibles (en comparaison internationale), la forte réduction de la taxation des bénéfices contribuerait à accroître la ponction du capital sur les nouvelles richesses créées, au détriment du travail. Et loin de profiter aux investissements et à l’emploi, cette ponction viendrait grossir les dividendes des gros actionnaires.

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21/01/2017

RIE III : NOUS POUVONS GAGNER CONTRE LE LOBBY DE L’ARGENT

La RIE III c’est un transfert de 5 milliards par an des collectivités publiques dans les poches des gros actionnaires des principales entreprises de ce pays. De quoi est-elle le nom ? De la plus violente offensive des milieux patronaux contre les services publics, contre les retraites, contre les assurances sociales, contre nous tous, depuis des décennies.

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18/01/2017

SOCIETES A STATUT ET RIE III

On ne cesse de nous menacer du départ des sociétés à statut fiscal spécial, qui ne paient que très peu d’impôts sur les bénéfices, si on les alignait sur les taux d’imposition des sociétés à statut ordinaire. En réalité, comme on va le voir, c'est de l'intox!

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16/01/2017

LA RIE III FAVORISE LES GRANDES ENTREPRISES, PAS LES PME

Non les PME ne vont pas y gagner aux dépens des multinationales... D'autre part, les retraités, les salariés, les chômeurs et les jeunes en formation y perdront en raison des restrictions que ce trou noir fiscal va provoquer dans les services publics et les prestations sociales. Sans parler de hausses d'impôts des personnes physiques qui menacent... pour compenser ce que ne paieront plus les plus grandes entreprises.

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19/12/2016

Joyeux Noël à tous les multimillionnaires de Suisse!

Selon, The Wealth Report (2015) de la société britannique Knight Frank, publié en mars dernier, la Suisse compterait 346 000 millionnaires et 6362 multimillionnaires (+images.jpegde 30 millions de francs), dont environ 830 résideraient à Genève et 700 à Zurich.

 

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15/12/2016

Contre un nouveau projet d'austérité pour 2017

Ce projet de budget 2017 a pourtant été accueilli par tous les partis gouvernementaux comme une « volonté de compromis », même si les socialistes ont émis quelques réserves, et que le PLR a voulu tout de même faire de la surenchère en réclamant des coupes supplémentaires, en particulier aux dépens du DIP.

Mais en réalité, ce consensus en reflète un autre, beaucoup plus important, autour de la RIE III, que le Conseil d’Etat défend in corpore, de son élue PS à ses élus MCG, de son élu Vert à son élu MCG, parce que tous les partis ont les yeux rivés sur la RIE III. Les Verts et les socialistes la combattent avec EAG au niveau fédéral, et voteront NON le 12 février prochain.

Pourtant, certains responsables de ces deux partis, comme les conseillers d’Etat Anne Emery-Torracinta et Antonio Hodgers, mais aussi les Conseiller administratifs de la Ville de Genève, Sandrine Salerno, Sami Kanaan et Esther Alder, ont déjà annoncé leur disposition à accepter le projet du Conseil d’Etat au nom de la « responsabilité gouvernementale », du « réalisme » et d’une bonne dose de résignation.

Ce faisant, ils se privent de moyens de contester le rationnement de l’Etat social en échange d’une soi-disant « Paix du Budget », qui prend la forme d’un « Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) », négocié en ce moment de façon très confidentielle par tous les partis gouvernementaux, comme le révélait récemment la Tribune de Genève, pour «  assurer un soutien le plus large possible à cette réforme au sein de la population genevoise ». De ce point de vue, le PB 2017 ne représente qu’ « un tour de chauffe ». Celle-ci devrait être ratifiée par les chefs de groupe et les présidents de partis.

Mais que prévoit cette étrange « Paix du Budget » :

  • Le soutien sans réserve au projet du Conseil d’Etat, tel qu’il a été déposé et renvoyé à la Commission fiscale, avec le taux effectif de 13,49% (avec un plancher à 13% - sans compter les déductions sur la part fédérale) et les autres mesures fiscales.
  • Le soutien aux mesures d’accompagnement récurrentes et non récurrentes.
  • Le soutien aux mesures budgétaires, soit l’assouplissement provisoire du frein au déficit (plafonné à 350 millions et visant l’équilibre sur 5 ans) et de l’exigence d’équilibre budgétaire des communes ; le maintien de la taxe professionnelle communale.
  • La renonciation à tout PL, motion ou initiative populaire ayant une incidence sur la fiscalité ou les charges des entreprises.
  • Le soutien à un traitement accéléré de cet important train de loi par la Commission fiscale pour garantir leur adoption par le GC les 16-17 mars et leur soumission au vote populaire le 24 septembre (avec une procédure réglée comme sur du papier à musique pour l’adoption ultérieure des mesures d’accompagnement).
  • Un engagement politique formel des parties «  à soutenir tous les projets de loi et à faire campagne en faveur de l’ensemble de la réforme afin d’en assurer une mise en œuvre complète et cohérente ».

De leur côté, le PLR et l’UDC sont certes convaincus qu’il faut aller encore plus vite vers la privatisation de certains services publics, vers la mise en cause des salaires et des retraites de l’Etat, vers la baisse des barèmes de l’aide sociale, vers la hausse des tarifs des TPG, vers le démantèlement de la LDTR, etc. Cependant, dans l’immédiat, ils ont tout intérêt à laisser le gouvernement manœuvrer « au centre », crédibilisant par là leurs critiques à un compromis « trop coûteux », pour préparer les conditions d’un durcissement de l’offensive après l’adoption souhaitée de la RIE III... avec ou sans la ratification d’une Convention de Paix budgétaire par les partis gouvernementaux.

Pour le moment, les députés du PLR ont sagement décidé de renoncer à présenter leurs amendements budgétaires en plénière pour ne pas saboter ouvertement la Convention en cours de négociation entre partis gouvernementaux.

La brutalité du PLR (qui dénonce la mollesse de ses magistrats « ex-radicaux ») n’est évidemment qu’un jeu de rôle qui le situe aujourd’hui un petit pied dans l’opposition. C’est une posture idéale pour préparer le lancement du second étage de la fusée, pendant que le consensus gouvernemental PS-Verts-PDC-PLR-MCG réunit la majorité nécessaire à la mise en route du premier étage au nom du moindre mal (Budget 2017 et RIE III).

Si l’assurance d’un possible dérapage contrôlé dans les déficits peut permettre au gouvernement cantonal de gagner le soutien des socialistes à la RIE III, comme le laisse entendre Sandrine Salerno, le jeu en vaut la chandelle ! Ensuite seulement, la droite dure pourra lancer le deuxième étage de la fusée en invoquant l’explosion de la dette et le frémissement des taux d’intérêts pour porter une attaque plus frontale encore aux emplois, aux salaires et aux prestations du secteur public.

C’est pourquoi EAG, qui défend les intérêts des usagers et des salariés des services publics, refuse d’entrer en matière sur un budget 2017 qui ne répond pas aux besoins essentiels de la population en termes de formation, de santé publique, d’action sociale, de transports collectifs et de logement. Comme l’a bien montré la brochure éditée par le « Comité de lutte des services publics » ce printemps – Quels moyens pour quelles prestations? –, les dégâts sont déjà considérables.

Si l’Etat veut faire des économies, il peut en faire dans le domaine de la détention, parce que l’Etat pénitence ne doit pas se nourrir de l’érosion continue de l’Etat providence. C’est pourquoi nous proposerons un amendement au budget d’investissement pour renoncer à une tranche de 10,3 millions sur le crédit d’étude de la prison des Dardelles.

Mais surtout, puisque le canton manque de ressources, commençons par refuser le formidable cadeau fiscal d’au moins 600 millions offert aux grandes entreprises genevoises en disant NON à la RIE III.

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17/09/2015

LE PAQUET BERSET EST UN MARCHÉ DE DUPES

POUR UNE PRÉVOYANCE VIEILLESSE SUFFISANTE, SOLIDAIRE ET SÛRE :
FUSION DE L’AVS ET DU DEUXIÈME PILIER

Le deuxième pilier est en crise depuis 2003

1. Ses rentes sont en constante diminution : avec la série de mesures prises depuis 2003 (baisses du taux minimum de rendement et du taux de conversion), un actif de 40 ans à cette date a déjà vu sa future rente réduite de 31% à l’horizon 2028. En tenant compte en plus de la suppression totale ou partielle de l’indexation des rentes, de la diminution du taux technique appliqué par les caisses et de l’annonce de la nouvelle baisse du taux de conversion (Paquet Berset), cette diminution devrait être de l’ordre de 50%.

2. Leur montant est aléatoire : 94% des salarié·e·s du privé connaissent le régime de la « primauté des cotisations ». Cela signifie que leurs cotisations servent à accumuler un capital qui détermine leur future retraite. Ce qu’ils toucheront dépend des aléas de la bourse, dont ils doivent assumer les risques. 

3. Leur indexation est partielle, voire inexistante : la capitalisation intégrale, sujette aux fluctuations des marchés financiers, ne garantit pas l’indexation, alors que les système de retraite par répartition le permettent dans la mesure où les salaires réels ne diminuent pas. 

4. Leur distribution pénalise fortement les femmes : leur rente moyenne – pour celles qui y ont accès – est de la moitié de celle des hommes.

La hausse de l’espérance de vie a bon dos

Ces dégradations de la prévoyance vieillesse, y compris le projet d’augmenter l’âge de la retraite des femmes, sont basées sur une mystification : les actifs·ves ne pourraient plus supporter la charge de retraités parce qu’ils vivent de plus en plus longtemps. 

Pourtant, si l’espérance de vie des retraité·e·s croît bien chaque année de 0,5%, celle des richesses créées a augmenté en moyenne de 2% durant ces dix dernières années. En d’autres termes, on a produit chaque année 4 fois plus de richesses que ce qui aurait été nécessaire pour compenser l’augmentation de l’espérance de vie. Mais la répartition de ces richesses a été de plus en plus inégalitaire.

6a00d83451935369e2017d3ce5b487970c.jpgL’AVS est-elle aussi menacée ?

Historiquement, l’AVS a été plébiscitée par le peuple : objectif phare de la grève générale de 1918, elle a été adoptée par 80% des suffrages en 1947, avec une participation au vote de 80% ! Elle a même fait tomber le taux de suicide de l’ensemble de la population de 20% en 3 ans, de 1947 à 1950, essentiellement à cause de l’effondrement de ce taux parmi les personnes âgées.

Son prélèvement sur le PIB a toujours été de l’ordre de 7% depuis une cinquantaine d’années, malgré le plus que doublement du nombre de pensionnés et l’élévation substantielle de leur espérance de vie.

Les rentes ont pu être adaptées régulièrement en tenant compte à la fois de la hausse des salaires et de celle des prix (indice mixte), c’est-à-dire qu’elles ont crû plus vite que la hausse seule du coût de la vie.

Les comptes de l’AVS sont globalement sains, malgré une successions de prévisions alarmistes : en 1997, le Conseil fédéral annonçait un déficit de 15 milliards de francs à l’horizon 2010, alors qu’elle a dégager un excédent à cette date ! Aujourd’hui, pour faire passer son paquet, Alain Berset prévoit un déficit de 9 milliards à l’horizon 2030… Faut-il le croire ?

En 2014, les dépenses de l’AVS auraient dépassé le montant des cotisations de 320 millions, ce qui est déjà arrivé par le passé. Cette même année, les 28 milliards de réserve de l’AVS ont cependant rapporté 1,7 milliard... ce qui signifie que sa fortune a encore augmenté de 1,4 milliard… Cela n’a pas empêché la presse de relayer les propos alarmistes des autorités.

Enfin, si la croissance du PIB ne permettait plus à l’avenir de répondre à la fois à l’élévation de l’espérance de vie et à la dégradation du ratio entre actifs·ves et retraité·e·s, il serait encore possible d’augmenter d’une fraction de pourcent le taux de cotisation (0,15% de prélèvement supplémentaire sur les salaires et sur la part patronale fait rentrer 1 milliard de plus dans les caisses de l’AVS… et il n’y a pas eu de hausse de ce taux depuis 1975 !).

Le paquet Berset est un marché de dupes

L’élévation de l’âge de la retraite des femmes (refusée massivement en 2004) en est la mesure phare ; elle a encore été accélérée par la commission du Conseil des Etats (en 4 ans au lieu de 6). Outre qu’elle fait payer une partie importante de la facture (1,1 milliard de francs) aux seules femmes, elle prépare à plus long terme l’élévation de l’âge de la retraite pour tous.

La seconde mesure (dont une version deux fois moins brutale avait été rejetée en 2010) est la réduction du taux de conversion de 6,8% à 6%, qui représente une nouvelle baisse massive, de près de 12%, de nos rentes du deuxième pilier.

La troisième mesure clé est l’élévation de 1% de la TVA, proposée par la commission du Conseil des Etats. 

Les compensations prévues, qui visent à faire passer ce marché de dupes pour un compromis, sont en réalité  minimes : il s’agit essentiellement de la hausse de 70 francs des rentes AVS (3% de la rente maximale) ; de l’élévation de la rente de couple à 155%, au lieu de 150%, de la rente d’une personne seule ; de l’abaissement du seuil d’accès au 2e pilier, de 21'150 à 14'040 francs.  

C’est le système qu’il faut changer en fusionnant l’AVS et le 2e pilier

Un système qui ne cesse d’amputer le montant des retraites, qui individualise les risques et qui ne garantit pas l’indexation des rentes doit être changé. 

La solution que nous proposons repose sur la fusion de l’AVS et du deuxième pilier qui permettrait:

1. D’améliorer le montant moyen des rentes tout en garantissant les avantages acquis.

2. De garantir des rentes minimales de 3’500 francs par mois (avec un maximum 2,5 à 3 fois supérieur). Entre ces deux limites, les rentes représenteraient 80% du dernier salaire.

3. D’indexer les rentes au coût de la vie et à la progression des salaires.

4. De ne pas jouer le sort des retraités à la bourse. Pour l’essentiel, le financement des pensions serait assuré par les cotisations paritaires des actifs·ves. Le rendement des capitaux du fonds de réserve (capitaux actuels du deuxième pilier) ne jouerait qu’un rôle subsidiaire.

5. De garantir l’égalité de traitement, non seulement des retraité·e·s, mais aussi des actifs·ves avec une répartition des cotisations de 2/3 pour les employeurs et de 1/3 pour les salarié·e·s (elle est actuellement de l’ordre de 60% / 40%).

6. De conserver un mode de gestion souple et décentralisé, dont le caractère démocratique ne se réduirait plus à appliquer des décisions impopulaires prises par le Conseil Fédéral et les Chambres.

Ces objectifs sont manifestement souhaitables. Elles sont aussi du domaine du possible sur le plan financier, tout simplement parce que la répartition coûte beaucoup moins cher, qu’elle est moins risquée et qu’elle est socialement plus juste. 

14/09/2015

CRISE DES RÉFUGIÉS: COMPRENDRE POUR AGIR

La mobilisation populaire en appui aux centaines de milliers de personnes d’origine syrienne, afghane, érythréenne, etc. qui cherchent aujourd’hui asile au sein de la forteresse Europe, met pour un temps l’extrême droite en difficulté, en particulier en Allemagne. C’est une bonne nouvelle… Après les luttes du refuge de Saint-Laurent et de No Bunkers dans l’Arc lémanique, mais aussi les récentes manifestations de Zurich (5 sept.), de Genève (12 sept.), et de Lausanne (15 sept.), nous devons nous efforcer d’étendre et d’intensifier notre solidarité active en Suisse.

L’amplification d’un tel élan de sympathie nécessite une meilleure compréhension des causes profondes de cet exode. D’abord, bien sûr, la formidable croissance des inégalités à l’échelle planétaire : 85 multimilliardaires possèdent aujourd’hui autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Une réalité monstrueuse qui repose sur l’expropriation et l’exploitation de centaines de millions de petits producteurs, sur la domination brutale de régimes néolibéraux mafieux, comme celui de Bachar al-Assad en Syrie, sur la généralisation de la violence et de la guerre… Or ce système porte un nom : le capitalisme.

Autant que les bombardements occidentaux, ce sont les ravages du néolibéralisme qui ont précipité des dizaines de millions d’êtres humains dans une misère effroyable, tandis que les pétromonarchies et les régimes issus du nationalisme arabe se transformaient en mafias sans scrupules. Ne nous laissons pas berner par leurs allégeances internationales changeantes, les hommes au pouvoir à Damas, au Caire ou à Ryad sont faits de la même étoffe, trempée de la sueur de leur peuple et rouge de son sang. Ils sont à l’image du capitalisme périphérique qui, mieux qu’au centre, révèle sa véritable vocation : soumettre la société à la soif d’accumulation de quelques uns.

La vague actuelle de réfugié·e·s est aussi l’expression du reflux des processus révolutionnaires initiés il y a cinq ans dans la région arabe. Le gouvernement ultra-libéral d’Essebsi en Tunisie en tire parti pour remettre en scelle les profiteurs de l’ère Ben Ali, tandis que la main de fer de Sissi en Egypte s’efforce de redonner confiance aux nantis, et que le régime assassin de Bachar al-Assad tente de poursuivre l’accaparement des richesses au bénéfice de son clan. Contre ces gouvernements des 1%, notre solidarité va aux 99% qui luttent pour la démocratie et la justice sociale, dont les aspirations ne pourront déboucher que sur de nouveaux soulèvements.

Le déclencheur de l’exode européen d’une petite partie des réfugié·e·s syriens, c’est la baisse du montant des aides versées par le Programme alimentaire mondial (PAM) à plus d’un tiers de ceux-ci. Ils ne reçoivent plus même un demi dollar par jour, ce qui ne leur garantit plus une ration alimentaire de survie. « Nous devons aider les gens où ils se trouvent, sinon ils vont se déplacer », avertissait un porte-parole régional de cette agence onusienne dans le courant de l’été. Or, en juillet, le PAM, qui dépend de subventions aléatoires des Etats, des grandes compagnies et de la charité individuelle, signalait qu’il n’avait pas réussi à provisionner le quart de ses besoins pour l’année 2015...

L’extension de la solidarité en Europe et en Suisse ne doit pas justifier une politique d’austérité plus stricte à l’égard des populations résidentes les plus fragiles, comme le préconise aujourd’hui le gouvernement allemand. Elle exige que nous relancions la lutte pour une régulation du marché du travail et un renforcement des protections sociales afin d’empêcher l’utilisation des nouveaux arrivant·e·s comme un sous-prolétariat taillable et corvéable à merci. Dans ce sens, la mobilisation humanitaire en faveur de l’ouverture des frontières et de l’accueil d’un plus grand nombre de réfugié·e·s ne peut être séparée de celles contre le dumping salarial et la réduction des prestations sociales, sauf à donner raison à ceux qui ne cessent d’opposer « la misère de chez nous » à « la misère du monde ».

Capture d’écran 2015-09-13 à 23.27.51.pngDans les semaines à venir, en Suisse, nous devons exiger l’accueil d’un nombre plus important de réfugié·e·s dans des conditions décentes ; le rétablissement de la procédure d’asile dans les ambassades ; l’arrêt des renvois Dublin dans le premier pays « d’accueil » ; la fin de l’internement administratif ; le droit au travail des requérant·e·s aux conditions usuelles ; le renforcement des dispositions légales et conventionnelles sur les salaires et les conditions de travail afin d’éviter que le patronat n’utilise l’immigration la plus précaire comme facteur de sous-enchère. En d’autres termes, la lutte pour l’accueil des réfugiés est inséparable de celle pour les droits fondamentaux et la justice sociale qui concerne l’écrasante majorité de la population.

25/08/2015

OUI AU RENFORCEMENT DE L'AVS, NON AU "PAQUET BERSET"

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10/08/2015

Assurer les soins dentaires : quand santé rime avec justice sociale

 

iu.jpegUn an après celle du canton de Vaud, une initiative vient d’aboutir à Neuchâtel, portée notamment par le mouvement politique solidaritéS et le Parti ouvrier et populaire (POP), pour la mise en place d’une assurance publique des soins dentaires au plan cantonal. Elle prévoit des primes proportionnelles aux revenus. Des projets analogues sont en préparation au Tessin, en Valais, à Zurich et à Genève, où Ensemble à gauche va déposer prochainement un projet de loi dans ce sens au Grand Conseil.

Un groupe de chercheurs l’a écrit noir sur blanc : la santé bucco-dentaire est un révélateur des inégalités sociales en Suisse. C’est ainsi que 60% des caries diagnostiquées chez les enfants le sont dans 20% des familles les plus défavorisées (Revue Médicale Suisse, 2009). Or, les affections dentaires non traitées sont un facteur important de dégradation de la santé publique, provoquant de multiples infections, des maladies cardiaques et même des cancers, comme le reconnaissait le député et médecin Pierre Conne (PLR), que l’on ne pourra pas soupçonner d’exagérer le problème (Mémorial du Grand Conseil, 29 nov. 2013).

En Suisse, la totalité des soins bucco-dentaires représente une facture de plus de 4 milliards de francs, soit l’équivalent de la moitié du budget du canton de Genève, dont près de 90% sont à la charge des patients, l’Etat, les assurances sociales et les assurances privées ne couvrant qu’à peine plus de 10% de ces dépenses. C’est pourquoi, selon une étude de 2012, un habitant de Genève sur sept renonce à des soins pour des raisons financières, et dans les trois-quarts des cas, à des traitements dentaires…

Les assurances privées exigent des primes élevées, prohibitives pour les petits revenus, et plafonnent généralement le remboursement des soins à 1000 à 2000 francs par an, alors qu’une assurance publique financée sur le modèle de l’AVS, pourrait tout à la fois renforcer la prévention et prendre en charge le remboursement des soins moyennant un prélèvement de 0,3 à 0,5% sur les salaires. Voilà une réponse à un sérieux problème de santé public, ceci d’autant plus que ces projets cantonaux pourraient servir de banc d’essai à une assurance fédérale, comme l’avait été l’assurance maternité genevoise, et relancer la mobilisation pour une caisse maladie unique avec des primes proportionnelles aux revenus.

 

 

01/07/2015

Un NON du peuple grec le 5 juillet serait une victoire pour nous tous

 Réf-Grèce.jpgFace à l’intransigeance sans borne de la Troïka (BCE, Commission européenne et FMI), le gouvernement de SYRIZA n’a pas voulu capituler en rase campagne. Il a refusé de signer un nouveau mémorandum du même tonneau que ceux qu’avait imposé la droite. Après tout, son arrivée au pouvoir, le 25 janvier 2015, n’avait-il pas été le résultat de plusieurs années de résistance opiniâtre, marquées par plus de 30 grèves générales, par des manifestations de rue sans nombre, par des occupations… pour faire pièce à un plan d’ajustement structurel d’une brutalité inouïe?

L’obstination « des institutions » à refuser toute concession, même la plus modeste, ne pouvait donc être interprétée autrement que comme la volonté de punir les autorités grecques d’avoir pu imaginer un instant discuter l’oukase des milieux financiers et de leurs représentants. Pourtant, le samedi 27 juin, le gouvernement d’Athènes unanime annonçait sa décision de soumettre au vote du parlement une proposition de référendum sur « la dernière offre » de la Troïka, assortie d’une consigne de rejet. Le lendemain, la Vouli adoptait cette proposition par 178 voix, sur 298 députés présents, contre l’avis de la droite (Nouvelle démocratie) et du PASOK (Parti socialiste) réunis, et sans l’appui du Parti communiste, qui proposait… un autre référendum.

Aujourd’hui, les ministres des finances de l’Union européenne sont bien obligés d’envisager un défaut de paiement de la Grèce, qui pourrait être décidé démocratiquement par le peuple. Alors que les commentateurs s’attendaient à un compromis très défavorable au gouvernement de SYRIZA et se demandaient comment un parti élu pour combattre l’austérité se débrouillerait pour faire avaler cette couleuvre à ses électeurs, l’arrogance de la Troïka a engagé une confrontation politique inattendue qui pourrait redonner la main aux forces populaires.

Un NON le 5 juillet marquerait en effet une défaite « des institutions », en dépit de la véritable tentative de coup d’Etat financier en cours (panique bancaire ourdie de l’extérieur). Elle rallumerait l’espoir et relancerait la mobilisation dans le camp populaire, donnant tout son sens à l’avis préliminaire de la Commission d’audit de la dette grecque, qui l’a déclarée illégale, illégitime et odieuse. Un NON massif du peuple grec ouvrirait une page nouvelle dans la vie politique de l’Europe. C’est pourquoi, je suis pleinement solidaire de cet appel à la dignité, que la gauche suisse devrait comprendre comme une incitation à dénoncer aussi les agissements de sa propre place financière, qui travaille main dans la main avec Francfort, Bruxelles et le FMI pour le dépeçage de la Grèce.

23/06/2015

UN LANCEUR D’ALERTE AU CONSEIL NATIONAL

J’ai été désigné comme tête de la liste principale d’EAG, suivi de Salika Wenger (PDT), de Pierre Bayenet (solidaritéS), qui avait brigué le poste de Procureur général l’année dernière, et de huit autres candidat·e·s. Notre liste mère, composée de 6 membres de solidaritéS, dont moi-même, et de 5 membres du Parti du travail, sera soutenue par une liste internationale et par une liste jeune, et nous envisageons même une 4e liste surprise… dont l’intitulé pourrait être rendu public d’ici la fin du mois. En tout, nous pourrions donc lancer près de 40 militant·e·s à l’assaut de Berne, car nous croyons avant tout à l’action collective [Notre programme en 10 points].IMG_0889.jpg

 

 

 

 

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02/11/2011

Au-delà des difficultés électorales de la gauche combative

L’œil braqué sur les résultats des élections, certains commentateurs, comme Benito Perez, dans Le Courrier du 25 octobre, attribuent les échecs successifs de la gauche combative à ses divisions incessantes, et ses divisions à des querelles de chapelles. Et si les divisions de la gauche combative étaient plus la conséquence de ses difficultés que sa cause ?

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01/11/2011

Elections nationales: un bilan plus précis

Le malheur veut que les commentaires à chaud soient ceux qui intéressent le plus le public. Or, les données disponibles sont souvent fausses, insuffisantes et extrapolées imprudemment par la presse. Il vaut donc la peine de revenir la tête froide sur les principales évolutions qui se dégagent des élections au Conseil National du 23 octobre dernier. Cet examen révèle tout de même quelques petites surprises...

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30/10/2011

Nueva Trova cubaine en concert à Genève

Du 25 novembre au 9 décembre, trois troubadours cubains, représentants de la Nueva Trova (renouveau de la chanson poétique populaire), Roly Berrio, Yamira Diaz et Norge Batista, se produiront en Suisse. Jusqu’au 2 décembre, ils seront accompagnés de Victor Casaus, poète, cinéaste et directeur du Centro Pablo de la Torriente Brau de La Havane, qui appuie depuis des années le développement et la diffusion des nouvelles formes d’expression artistiques, notamment de la Nueva Trova. Il s’exprimera à Genève, le 1er décembre, au début d'une soirée de concert organisée par le bimensuel solidaritéS. Une date à retenir!Victor Casaus NY.jpg

Ci-contre, Victor Casaus participe au camp des Indignés à New York, Wall Street

 

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28/10/2011

Appel pour un audit citoyen de la dette publique

Je viens de signer l'appel pour un audit citoyen de la dette publique. Il s'agit d'une initiative lancée par de nombreuses organisations du mouvement social, dont voici une présentation succincte :

D’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l'intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées? Qui détient ses titres? Peut-on alléger son fardeau autrement qu'en appauvrissant les populations? Ces questions, de plus en plus nombreux sont ceux qui se les posent. Dans toute l'Europe, un large débat démocratique est urgent, car les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

C’est pourquoi des citoyens, organisations syndicales et associatives, soutenus par plusieurs formations politiques, ont décidé de créer un collectif national en France pour un audit citoyen de la dette publique, afin de porter ce débat au cœur de la société.

En publiant son appel constitutif, ce collectif invite tous les citoyens à s'engager dans la démarche de l'audit citoyen pour que la dette publique fasse enfin l'objet d'un vrai débat démocratique, au plan local, national et européen.

Voici le lien pour le signer : http://local.attac.org/cac/

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24/10/2011

Conseil National 2011: pronostics et résultats

Mes pronostics de samedi dernier n'étaient pas très éloignés de la réalité...

Je disais:

- "A droite, les libéraux-radicaux risquent de perdre un siège"... Ils l'ont perdu.

- "L’UDC devrait se maintenir"... Elle a gardé ses deux sièges de justesse.

- "Le MCG n'est pas garanti de rentrer au Conseil National"... Il y rentre avec un seul siège et 9,79% des suffrages, soit avec moins de 1,5% de plus de ce qui était le minimum nécessaire. C'est donc un peu plus que ce que je pensais, mais loin d'un raz-de-marée!

- "Si la gauche gagne un siège aux dépens de l’Entente, et que la droite devient ainsi minoritaire, le PSG pourrait conserver ses trois sièges, les Verts leurs deux sièges, tandis qu'Ensemble à Gauche en regagnerait un"... Le PS et les Verts ont bien gardé leurs sièges, mais Ensemble à Gauche manque le sien de 1,2%.

En résumé: j'ai sous-estimé le résultat du MCG de 1,5% et surestimé celui d'Ensemble à Gauche de 1,2%. Pour le reste, je suis dans la cible. Pas si mal, après tout!

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15/10/2011

De l'occupation de Wall Street à l'occupation des Etats-Unis

Pour la journée mondiale des indignés, j'ai interviewé Dan La Botz, enseignant, écrivain et journaliste, qui participe au mouvement "Occupy Cincinnati" dans l'Ohio, aux Etats-Unis.

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14/10/2011

Un responsable du mouvement étudiant chilien à Genève

Ce soir, vendredi 14 octobre, à 20h.15, Salle Saint-Boniface (14, av. du Mail), le bimensuel solidaritéS accueille Sebastian Farfán Salinas, secrétaire général de la Fédération des étudiants de l’Université de Valparaiso (FEUV) et l’un des huit membres de l’exécutif national de la Fédération des étudiants universitaires chiliens (FECH).

Il parlera du formidable mouvement de la jeunesse chilienne en cours pour l’éducation gratuite à tous les niveaux, qui remet en cause le modèle économique néolibéral de son pays, hérité de la dictature de Pinochet. Pour en savoir plus, on lira l’entretien qu’il vient d’accorder au bimensuel solidaritéS.

La jeunesse chilienne rejette aujourd’hui massivement l’héritage néolibéral d’une dictature qu’elle n’a pas connue. Ce faisant, elle montre les limites d’une transition démocratique qui n’a jusqu’ici pas osé le remettre en cause sérieusement. La jeunesse arabe pourrait en prendre de la graine aujourd'hui, si elle ne veut pas voir les aspirations de ses révolutions démocratiques trahies par des changements politiques sans contenu social.

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13/10/2011

Pour une représentation de la gauche conséquente à Berne

Au cours de ces derniers jours, les électrices et électeurs de notre canton ont reçu leur matériel électoral pour le scrutin fédéral du 23 octobre. Il nous reste encore une grosse semaine pour voter. Or, afin d'assurer une représentation de la gauche conséquente à Berne, il est nécessaire de rassembler le plus grand nombre possible de suffrages sur l’une des deux listes 4 ou 16 - Ensemble à Gauche, qui sont sous-apparentées. En effet, leurs suffrages s’additionnent pour l’obtention d’un siège au Conseil National, qui marquerait aussi un premier pas vers le retour de la gauche de la gauche au Grand Conseil genevois. Nous en avons toutes et tous besoin pour résister à l'offensive antisociale de l'Entente, soutenue par l'UDC, et bien souvent par le MCG.

Votons pour les listes 4 et 16, Ensemble à gauche!

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