18/09/2009

Saint-Gervais : il est encore temps de voter NON !

Dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui, un membre du précédent Conseil de fondation de Saint-Gervais, Bernard Zumthor, plaide pour le NON à la diminution de 1,1 million de la subvention à cette institution. Il rappelle qu’en cas de victoire du OUI, le Centre pour l’image contemporaine (CIC) serait condamné sans appel et que le théâtre ne serait toujours pas assuré d’un avenir.

Plus surprenant, le délégué d’« A Gauche Toute! » au sein du Conseil de fondation plaide… pour le OUI, alors que son groupe défend le NON, que l’AVIVO, sous les couleurs de laquelle il briguait une place à la Constituante, appelle à voter NON, et que la liste de Christian Grobet, qu’il a ralliée pour le Grand Conseil, plaide aussi pour le NON. Voilà donc un homme qui change d’avis bien souvent…

Que se passe-t-il en réalité ? Depuis la mi-août, sous la pression du référendum, le Chef du Département de la culture, Patrice Mugny, et ses représentants au sein du Conseil de fondation, ont lancé une opération charme de dernière minute pour convaincre les électeurs-trices de leurs bonnes intentions. But de la manœuvre : assurer à Philippe Macasdar, qui se sent menacé à court terme, un dernier sursis jusqu’en juin 2012, ainsi que la responsabilité à court terme de toute la maison (mais pas avec un centime de plus que la dotation actuelle du théâtre), en échange de son soutien au OUI !

Ainsi cette fondation de droit privé, réputée tout à fait indépendante du Département de la culture, a-t-elle soudainement entonné ce nouveau refrain lors de sa conférence de presse du 8 septembre, à laquelle participait… Philippe Macasdar. Ne lui jetons pas la pierre : il a sauvé son poste et son théâtre pour deux saisons de plus et espère transformer l’essai dans le peu de temps qu’il lui est imparti… Il sera cependant en bien meilleure posture pour le faire en cas de victoire du NON ! Raison pour laquelle les amis du CIC, les amis du théâtre, en somme les amis de Saint-Gervais, doivent voter NON au 1er objet de la votation municipale du 27 septembre.

 

Commentaires

Je suis optimiste sur le sort de cette votation. L'objet sera refusé.

Les milieux qui sont opposés ne réunissent pas n'importe qui : une gauche ultra, qui réagit de manière épidermique sur la forme, qui se rejoint avec un MCG, dont la pensée culturelle de fond bien connue inspire le plus grand respect.

Ce tandem de qualité ne peut qu'emporter l'adhésion des électeurs, qui peuvent ainsi voir que la pensée culturelle de fond des stauffériens peut se revêtir de la fine dentelle de forme de la gauche extrême.

Un cocktail explosif et pertinent. Le CIC doit rester à l'abri des frontaliers pour sauver les acquis de 68 !!! Votons NON ! Stauffer et Grobet même combat !

Écrit par : Pierre Loriol | 18/09/2009

... Le MCG n'a pas donné de mot d'ordre de vote et aucun de ses porte-paroles ne défend le CIC ou le théâtre de Saint-Gervais.... Les inexactitudes ne font jamais avancer le débat.

En revanche un grand nombre de créateurs et de créatrices ont soutenu le référendum qui appelle à voter NON.

Parmi eux: Slimane Benaïssa (dramaturge), Jean-Luc Bideau (comédien), Michel Deutsch (dramaturge), André Gazut (cinéaste), Jean-Luc Godard (cinéaste), Claude Goretta (cinéaste), Thomas Hirschhorn (artiste plasticien), Jean Jourdheuil (dramaturge), Daniel Künzi (cinéaste), Noemi Lapzeson (chorégraphe), Pierre Maillard (cinéaste), Anne-Marie Miéville (cinéaste), Jean Mohr (photographe), Gianni Motti (artiste plasticien), Jacques Probst (écrivain et comédien), Francis Reusser (cinéaste), Marcel Robert (metteur en scène et comédien), François Rochaix (metteur en scène), André Steiger (metteur en scène et dramaturge), Alain Tanner (cinéaste) etc...

D'accord avec eux, je voterai NON le 27 septembre!

Écrit par : Boule de soleil | 18/09/2009

Ils font cela à la MCG...

Les stauffériens n'ont pas déposé de mot d'ordre en ville, incapables de réunir 50 signatures.

Mais, sur leur site, ils claironnent très fort, alliés culturels de la gauche de la gauche, leur NON : http://www.mcge.ch/

Pour une culture de qualité, suivez les mots d'ordre du MCG, phare culturel genevois, avec la gauche de la gauche...

Écrit par : Pierre Loriol | 18/09/2009

Un non extrêmement discret qui n'a fait l'objet d'aucune publicité...
Quant à l'impossibilité pour le MCG de réunir 50 signatures en ville de Genève...
Dans ce cas, il n'a pas grand chose à voir avec les référendaires qui, quant à eux, ont rassemblé 5700 signatures en ville en plein hiver et sans difficulté.

Il vous suffirait de lire les textes diffusés par les référendaires pour vous apercevoir qu'ils/elles ne partagent aucune des "idées" du MCG. D'ailleurs, avec le même argument que le vôtre, je pourrais affirmer que les partisans du oui sont soutenu par l'UDC, ce qui ne ferait guère plus avancer le débat.

Si vous le voulez bien, cessons ces enfantillages pour parler de politique culturelle.

Écrit par : boule de soleil | 18/09/2009

Un NON est un non. Pourquoi vouloir minimiser celui du MCG, qui repose sur des motifs plsu qu'honorables et en faveur des Genevois ?

Ce parti, on l'aime ou on l'aime pas. Mais il a le mérite de prendre des positions. D'ailleurs, Eric Stauffer a toujours eu beaucoup d'intérêt pour la politique culturelle. Pourquoi son NON aurait-il moins de valeur parce qu'il n'a pas réuni 50 signatures ?

Il faut laisser le fond d'images du CIC dans la Fondation de Saint Gervais, où il n'y a pas ou peu de frontaliers, alors que tout le monde sait que le MAMCO est un machin internationaliste, noyauté par les frontaliers, nombreux à y travailler.

Pour une culture à l'abri des frontaliers, il faut voter NON, le vrai NON, celui du MCG.

Écrit par : André Baumgartner | 18/09/2009

Votre obsession des frontaliers est sidérante... Essayez de penser à autre chose. Il y a tant de gens magnifiques qui habitent des deux côtés de la frontière. Parlez-leur! Faites-vous en des amis! Les Genevois ne sont-ils pas des frontaliers? Savez-vous que "frontalier" vient du provençal "frountalié" qui signifie voisin... Et, comme le disait Aragon "Un ciel ne change pas où les drapeaux changèrent".
Ceci dit, la question de Saint-Gervais n'a rien à voir avec ça! Elle oppose deux conceptions de la culture: d'un côté les partisans de grands pôles de prestige (Grand Théâtre, Nouvelle Comédie, Bâtiment d'Art Contemporain), de l'autre, les défenseurs de la diversité culturelle, du soutien à une multitude de petites unités, d'une liaison entre festivals internationaux et encouragement à l'expérimentation locale.
Un dernier conseil: renoncez à voter pour le MCG! Cela ne vous mène nulle part...

Écrit par : Jean Batou | 18/09/2009

Ce délégué d’« A Gauche Toute! » au sein du Conseil de fondation, ce Nicolas Wenger, qui dit oui à cette votation, n'est-ce pas le mari de Salika Wenger, la passionnaria de la gauche de la gauche, qui dit non, puisqu'elle est dans le comité référendaire ?

Si, si. Et parait qu'elle aurait aussi changé d'avis...

Décidemment, je ne comprends plus rien à l'extrême gauche genevoise. Sa politique est encore moins lisible que celle du MCG.

Écrit par : Karl Mark | 18/09/2009

Les deux conceptions de la culture que vous décrivez ne sont pas celles qui existent sur place.

Il y a celle de la plupart des partis, représentant 90 % des électeurs en Ville de Genève.

Et il y a celle du MCG allié à une certaine gauche extrême pour l'occasion, leur électorat étant très semblable.

Le MCG a des arguments un peu différents de ceux des référendaires, mais qui ont leur valeur propre. Mais le populisme anti-culturel est ce qu'il est, qu'il soit de gauche ou de droite. C'est un NON résolu à tout ce qui peut améliorer la culture en ville. Et dans une piètre attitude de repli. Anti-frontaliers pour les uns, qui veulent réserver le travail dans les instances culturelles aux résidents genevois. Anti-culture populaire pour les autres, qui veulent réserver le fait culturel à des petites chapelles pratiquant l'expérimentation plutôt que d'offrir une culture de qualité à la population.

Écrit par : Luc Schmutz | 19/09/2009

Le dernier commentaire de Luc Schmutz est un aveu. Il faudrait sacrifier les "petites chapelles pratiquant l'expérimentation" à la "culture populaire", dit-il en substance.
C'est avec de tels arguments – d'ailleurs franchement populistes – que le patron de la culture municipale joue aujourd'hui les matadors, soutenu par les verts et toute la droite (UDC comprise). Le fait que le MCG ne les suive pas ne change rien à l'affaire.
Aujourd'hui, c'est le Centre pour l'image contemporaine (CIC) qui est liquidé, demain ce sera le Théâtre Saint-Gervais... après la disparition de la plus grande partie de la scène alternative sous les coups de boutoir de la spéculation immobilière.
Les référendaires quant à eux ne veulent la mort d'aucune forme d'expression culturelle. Ils défendent la diversité culturelle et la multiplicité des pôle de création, des plus petits au plus grands, des plus innovateurs au plus traditionnels.

Écrit par : Jean Batou | 19/09/2009

C'est incroyable, M. Batou est partout! A la TV, la Tribune, le Courrier, il envoie plein de mail à tout le monde, des tracts partout ... pour défendre ...un certain CIC bling bling...au nom de la diversité culturel (ben voyons!). Bizarre, M. Batou n'est pas un artiste ... et les artistes audio-visuels (les vrais) on les entends pas. Bizarre, il soi-disant défend un théâtre, qui lui parle, et dit de pas voter Batou ! C'est à dire de voter OUI ! Bizarre ! Ah oui, j'oubliais, M. Batou se présente aux élections, avec comme programme politique ... la défense du CIC bling-bling ! On existe comme on peu !

Écrit par : herve vidal | 19/09/2009

La "culture" subventionnée n'est pas de la culture, c'est une forme de propagande. Qu'elle soit de droite ou de gauche.

Écrit par : Julien | 20/09/2009

La culture privée est bien trop chère. Si la culture n'était pas subventionnée elle ne serait pas à la portée de la plupart des gens... elle suivrait la règle de l'audimat comme sur les chaînes privées du type TF1, M6 etc... qui, en termes de propagande et de formatage, n'ont rien à envier à personne.
La culture subventionnée peut assurer en revanche une grande diversité et une grande richesse de création à condition que le pouvoir politique soit attaché à la défense et à la promotion de la diversité culturelle. Par ailleurs la plupart des créateurs et des créatrices indépendants ne pourraient simplement pas subvenir à leurs besoins sans les subventions publiques....
Reste à discuter du système d'attribution des subventions qui ne devrait en aucun cas transformer les artistes en clients du pouvoir, en courtisan; ce qui nécessite des procédures transparentes et démocratiques!

Écrit par : boule de soleil | 20/09/2009

Je préfère avoir une vision de la culture que vous qualifiez de populiste que de suivre, comme vous, aveuglément les thèses culturelles de Stauffer, partisan d'une culture de l'expérimentation sur une scène alternative expurgée des frontaliers.

Écrit par : Luc Schmutz | 20/09/2009

Subventionnée oui, politicienne non. Heureusement que Vidal lui existe ! Et souligne que les artistes "les vrais", on le entends pas. Motus des acteurs culturels chers au raac ! Où sont passés les créateurs géniaux élus qui vivotent des subventions publiques ? Genève regorge de Rimbauds, de Bertolts, Sartres, Shakespeares... silencieux à la cour du mini-mini-mini-istre de l'aculture !

Écrit par : Telératu | 20/09/2009

Vidal ne devrait pas croire tout ce que est dit dans un théâtre.

Écrit par : Telératu | 21/09/2009

Ne vous en faites pas, Telératu, je n'ai aucun doute sur la perversité des manoeuvres de Mugny & Co pour obtenir la fermeture du Théâtre Saint-Gervais. Le CIC ne l'intéresse plus, il s'est auto-détruit, neurones en panne. Par contre, le théâtre doit être effacé pour deux raisons : la première bien sûr est la récupération de la subvention (il en a besoin pour la nouvelle comédie) et la seconde l'élimination d'une structure n'entrant pas dans les normes du petit milieu conservateur du théâtre genevois (son entourage direct). N'oublions pas que la décision de liquidation a pour origine la nouvelle comédie, avec le fameux groupe des 17, groupe auquel Mugny a demandé de trouver une solution à l'INTERIEUR de l'activité théâtrale genevoise, pour financer le fonctionnement (pas la construction) d'un nouveau théâtre. En leur soufflant fortement à l'oreille : SAINT-GERVAIS. Ça tombait bien, les institutions "ouvertes" (au sens informatique du terme, "open source"), pas "fenêtre ouverte sur le monde" (formule cliché utilisée par exemple cette saison au forum meyrin), les institutions "différentes" et orientées vers une redéfinition iconoclaste des pratiques artistiques irritent les conformistes bien pensants qui encombrent notre paysage culturel et politique. Il est bien préférable d'être alternatif. Là au moins, on est dans les normes (alternatives).Un théâtre prestigieux et bling bling (eh oui, encore)leur convient également bien mieux. Le strasse camoufle le manque d'imagination. D'où, comme l'a remarqué Telératu, le silence du Raac. Et des autres. Quand à M. Batou, il m'énerve encore plus depuis que j'ai reçu mes bulletins de vote. A sauvez le CIC bling bling, il s'est rajouté le badge ATTAC, comme à peu près tout ses co-listiers. C'est beaucoup plus grave. Nos chers banquiers (chers à David Hiler le vert, celui du développement durable, le pote à Mugny) ont mis le turbo dans la destruction massive et tout azimut de notre petite planète bleue, homo sapiens inclus. Dans un mélange de cupidité et de stupidité, nos financiers s'enivrent de la misère, du chômage, de la faim et des millions de morts résultants de l'écrémage hippopotamesque de l'économie. C'est commode, avec l'informatique, on voit rien, on sent rien. Et la dessus, je vous laisse entendre le parfait et absolu silence de toute la gauche bien-pensante portant des badges ATTAC. On se croirait dans le Grand Nord ! (avant les foreuses des Cie pétrolières). Pas touche les banques, j'y ai mes économies, non mais !

Écrit par : herve vidal | 23/09/2009

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