21/09/2009

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si mal adaptés et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » sera d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les principaux protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour une autre société doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des

licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si insuffisants et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » est d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour un socialisme du 21e siècle doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet de société, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

18/09/2009

Saint-Gervais : il est encore temps de voter NON !

Dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui, un membre du précédent Conseil de fondation de Saint-Gervais, Bernard Zumthor, plaide pour le NON à la diminution de 1,1 million de la subvention à cette institution. Il rappelle qu’en cas de victoire du OUI, le Centre pour l’image contemporaine (CIC) serait condamné sans appel et que le théâtre ne serait toujours pas assuré d’un avenir.

Plus surprenant, le délégué d’« A Gauche Toute! » au sein du Conseil de fondation plaide… pour le OUI, alors que son groupe défend le NON, que l’AVIVO, sous les couleurs de laquelle il briguait une place à la Constituante, appelle à voter NON, et que la liste de Christian Grobet, qu’il a ralliée pour le Grand Conseil, plaide aussi pour le NON. Voilà donc un homme qui change d’avis bien souvent…

Que se passe-t-il en réalité ? Depuis la mi-août, sous la pression du référendum, le Chef du Département de la culture, Patrice Mugny, et ses représentants au sein du Conseil de fondation, ont lancé une opération charme de dernière minute pour convaincre les électeurs-trices de leurs bonnes intentions. But de la manœuvre : assurer à Philippe Macasdar, qui se sent menacé à court terme, un dernier sursis jusqu’en juin 2012, ainsi que la responsabilité à court terme de toute la maison (mais pas avec un centime de plus que la dotation actuelle du théâtre), en échange de son soutien au OUI !

Ainsi cette fondation de droit privé, réputée tout à fait indépendante du Département de la culture, a-t-elle soudainement entonné ce nouveau refrain lors de sa conférence de presse du 8 septembre, à laquelle participait… Philippe Macasdar. Ne lui jetons pas la pierre : il a sauvé son poste et son théâtre pour deux saisons de plus et espère transformer l’essai dans le peu de temps qu’il lui est imparti… Il sera cependant en bien meilleure posture pour le faire en cas de victoire du NON ! Raison pour laquelle les amis du CIC, les amis du théâtre, en somme les amis de Saint-Gervais, doivent voter NON au 1er objet de la votation municipale du 27 septembre.

 

13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.

04/09/2009

OMC: une falsification qui en dit long

L'extension du bâtiment de l'OMC, sur les rives du lac, et le bradage d'une partie d'un magnifique parc public apparaît aujourd'hui comme la grande cause commune des partis représentés au Grand Conseil genevois, soutenus par les élus et les autorités fédérales. Les socialistes et les verts occupent même le devant de la scène, poussés en avant par leurs alliés de circonstance, pour faire avaler cette pilule inhabituelle à leur électorat. Même le pape de la dérégulation commerciale internationale, le "socialiste" français Pascal Lamy, est descendu dans l'arène. Pourtant, l'ensemble de l'opération est orchestré et financé par la Fédération des entreprises romandes, qui a mandaté une agence de "com" pour labourer l’opinion. N'y a-t-il pas jusqu'ici déjà assez de sujets d'étonnement...?

Non. Il se trouve que l'extension prévue du bâtiment, contrairement à la photo distribuée urbi et orbi par les défenseurs du projet, a été volontairement truquée. Les arbres qui devront être supprimés ont été effacés de la photo qui couvre la première page du "tous ménages" envoyé à la population. Et jusqu’à mercredi, Martine Brunschwig Graf et Pascal Lamy traitaient sur les ondes Pierre Vanek de menteur, lorsque celui-ci évoquait cet abattage. Quand il s'agit de vendre un produit, tout le monde sait que la pub ment et que les images sont systématiquement retravaillées. Mais de là à polluer un débat démocratique avec les mêmes moyens... On en reste confondu.

Dernière surprise… Que la représentante de la Fédération des entreprises romandes réagisse avec plus de fair play que la conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno. La première regrette l’incident, annonce la destruction de ce matériel et la publication de rectificatifs dans les médias, tandis que la seconde nous explique laborieusement que ces « charmilles » ont déjà été partiellement coupées et qu’elles n’appartiennent pas au patrimoine végétal important du parc.

Cet incident serait sans grande importance, s’il n’était pas le symptôme d’une dérive préoccupante des mœurs politiques. Dès lors que la « com » prend le pas sur le débat d’opinions, tous les coups sont permis. Et à ce jeu-là, certains pensent déjà qu’il suffit de payer cher pour construire un univers virtuel et le décréter réel. L’URSS de Staline effaçait les opposants des anciennes photos officielles. Songeons à l’avenir radieux qui s’ouvre aux falsificatuers à l’ère du numérique, si la population et l’ensemble des forces politiques ne condamnent pas sans appel de tels procédés.

P.S. Pour répondre à l'un de mes contradicteurs qui vente les mérites de la libéralisation des échanges pour les pays du Sud, voici l'évolution des cours des principaux produits agricoles exportés par le Sud entre 1980 et 2001.

 

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