27/11/2009

La LHOM ne passera pas: au centre l'humain!

Ces prochains jours, le Grand Conseil genevois sera saisi d’un projet de loi de L’Entente (partis bourgeois) en faveur de l’ouverture prolongée des magasins – tous les jours jusqu’à 20h., le samedi jusqu’à 19h., et le dimanche quatre fois par an. Une mesure extrêmement brutale pour les 20 000 salarié-e-s du commerce de détail, mais aussi un appel à la flexibilisation du travail dans tous les autres secteurs… «Au centre l’humain…», clame pourtant le PDC, dont le Conseiller d’Etat Pierre-François Unger est à la manœuvre.


Les auteurs du projet lancent pourtant des signaux contradictoires. Vont-ils exiger un vote en urgence au parlement, à la veille de Noël, ne serait-ce que pour donner plus de fil à retordre aux référendaires? C’était leur projet initial… Mais à l’occasion d’un débat contradictoire sur les ondes de Radio-Cité, ce vendredi 27 novembre, le directeur de la Chambre de commerce et d’industrie de Genève (CCIG), le député radical Jacques Jeannerat, a déclaré au signataire de ce papier, que le vote aurait lieu tranquillement en janvier, après consultation des partenaires sociaux. Un propos bien farfelu, de la part d’un représentant attitré des associations patronales, lesquelles ont précisément rompu toutes négociations en janvier dernier… pour passer en force au Grand Conseil.

Intox ou divisions patronales?

De deux choses l’une: soit nous sommes dans le registre de l’intox grossière, et la droite va bien adopter cette loi en urgence, les 3-4 décembre, aux dépens de la plus élémentaire bonne foi; soit il y a de l’eau dans le gaz dans son propre camp. Il semble en effet que le petit commerce se soit fait un peu forcer la main pour soutenir cette déréglementation sévère. Ainsi, la récente publication de l’étude du prof. Giuseppe Pini (Laboratoire d’économie appliquée de l’UNIGE) révèle que 19% seulement des employeurs de la branche lui seraient favorables, ce qui prend sans doute certains député-e-s bourgeois à contre-pied.

Ceci explique que le Conseiller d’Etat Pierre-François Unger (PDC), patron de l’économie, envisage aujourd’hui de proposer que cette disposition ait un caractère expérimental pour 2 ans, histoire de se donner le temps de convaincre les sceptiques, mais aussi d’affaiblir les référendaires. Cette manœuvre de dernière minute nécessiterait cependant quelques semaines supplémentaires…

Dans tous les cas, en décembre ou en janvier, solidaritéS a décidé de s’engager avec les syndicats et d’autres forces en faveur d’un référendum contre la LHOM, d’abord pour refuser une dégradation massive des conditions de travail dans un secteur déjà bien mal loti, mais aussi pour résister aux effets induits d’une telle mesure sur la flexibilisation du travail dans les autres branches. Cette attaque vise de surcroît un personnel en majorité féminin (à 80%), mal payé, qui subit des temps partiels imposés (35% des effectifs) et des horaires irréguliers.

Main basse sur la ville

L’adoption de la LHOM favoriserait la concentration économique (60 petits commerces disparaissent déjà chaque année) et la suppression d’emplois dans ce secteur, mais aussi un aménagement urbain dicté toujours plus par la spéculation foncière, stimulant l’accroissement des nuisances et la boulimie énergétique. Enfin, elle encouragerait encore une culture de la consommation sans frein, promue au rang de loisir. Vive le lèche-vitrines et la frénésie d’achats – l’affluenza, comme disent les Américains –, ainsi que la frustration qu’ils suscitent quand on n’en a pas les moyens!

C’est pourquoi la LHOM ne passera pas… Ensemble, les salarié-e-s du commerce de détail et leurs syndicats, les étudiants qui y travaillent en surnuméraires, les organisations féminines, les écologistes, les associations d’habitants et de citadins qui défendent la ville comme un bien commun, les organisations de consommateurs et de retraités, les médecins du travail, les milieux culturels, femmes et hommes, au coude à coude, construisons un large front social pour dire NON à l’inacceptable. Toutes et tous ensemble, nous pouvons gagner!

Jean Batou

Commentaires

C'est vraiment un projet scandaleux! Quand on pense à ce que sont payées les vendeuses, sortir à 20h ou 21h tous les jours et avoir son seul jour de congé hebdomadaire supprimé quatre fois par an ce serait vraiment le bagne!

Écrit par : Simone | 28/11/2009

Il est toujours amusant de voir les tenants de la gauche s'offusquer de projets législatifs qui, selon eux, ne mettraient pas l'humain au centre des préoccupations de la société. Lorsque l'on sait que ces mêmes critiques acerbes de notre mode de vie se faisaient les ardents défenseurs de l'URSS, de la Chine de Mao, voire du Kampuchea "démocratique" de Pol Pot, Khieu Sam Pan et Ieng Sary, on se demande si l'on rêve...

Car les régimes précités, dont l'apologie était faite systématiquement par nos gentils gauchistes, faisaient de l'humain un esclave quant il n'était pas tout simplement massacré sans procès...

Camarades, une autocritique serait salutaire, avant de donner des leçons d'humanité au peuple.

Écrit par : Déblogueur | 28/11/2009

Je ne vois pas ce qu'il y a d'humain à refuser aux travailleurs le droit de faire leur course en sortant de l'usine. Y a plus d'usine ? Ah bon. Ya plus de travailleurs, ah oui, c'est vrai, j'avais oublié.

Écrit par : Géo | 28/11/2009

@ Déblogueur

Camarade Déblogueur dites nous quelle âge avez vous ? Moi p.e. suis né en 1986, je vois pas pourquoi je serais censé faire une "autocritique", suis pas responsable du malheur du monde moi.

Écrit par : Gauchiste | 28/11/2009

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