19/04/2011

UDC et partis bourgeois contre le personnel de vente

Ce 14 avril, le Conseil national a approuvé une motion du libéral-radical zurichois Markus Hutter, déposée le 25 septembre 2009, demandant que les heures d’ouverture des magasins dans les cantons échappent aux dispositions actuelles de la Loi fédérale sur le travail (Ltr). L’UDC a voté massivement pour. L’ensemble des salariés sont dans le collimateur.


LHOM.jpgActuellement, les cantons ne peuvent, sauf exception, autoriser les magasins à ouvrir avant 6 heures du matin et après 23 h. le soir (horaires soumis à autorisation fédérale), ainsi que plus de quatre dimanches par an. Mais pour ce patron de choc, colonel à l’armée, il faudrait permettre aux commerces d’ouvrir à volonté, 24 heures sur 24, et tous les dimanches. Les pasteurs ne travaillent-ils pas eux aussi le Jour du Seigneur, faisait-il remarquer aux parlementaires amusés.

Le Conseil National s’est ainsi montré plus patronal encore que le Conseil fédéral, qui avait proposé de rejeter cette motion extrême. En effet, l’Exécutif craignait qu’une telle disposition vide totalement la Loi sur le travail (Ltr) de son contenu (déjà très mince), favorisant une dérégulation totale des horaires de travail dans les autres branches (Déclaration du 8 novembre 2010). Selon le conseiller fédéral libéral-radical bernois J. Schneider-Amman, « un groupe important de travailleurs de ce pays » risquait ainsi de se voir « privé de protection de sa santé et de sa vie sociale » (14 avril 2011).

Qu’à cela ne tienne, par 104 voix contre 62, le Conseil National a décidé que les horaires de travail du personnel de la vente ne devraient plus être dorénavant que de la compétence des cantons, aggravant les disparités existantes à l’échelle nationale. Ils demandent donc un nouveau démantèlement de la protection légale des salariés au plan fédéral. Au vote nominal, la moitié des suffrages en faveur de cette proposition sont venus des rangs de l’UDC (!), l’autre moitié des radicaux, des démocrates-chrétiens et des bourgeois-démocrates.

A Genève, où les électeurs viennent de refuser l’extension des heures d’ouverture des magasins jusqu’à 20h. tous les jours, jusqu’à 19h. le samedi, trois dimanches par an, ainsi que le 31 décembre, les associations patronales jouent une autre partition. En signe de représailles, elles refusent aujourd’hui de signer toute convention collective de travail et de garantir ainsi un salaire minimum (déjà très bas), des horaires convenables (durée hebdomadaire, répartition des heures), ainsi qu’une assurance perte de gain maladie obligatoire au personnel du commerce de détail.

Face à une telle arrogance des employeurs et de la droite, nous devons soutenir activement les syndicats du personnel de la vente ; travailler à renforcer la protection légale de tous les salariés – en signant notamment l’initiative nationale de l’USS pour un salaire minimum légal ; et démasquer les partis comme l’UDC et le MCG qui soutiennent systématiquement – à Berne comme à Genève – la dégradation des conditions de travail des plus mal lotis, de surcroît dans des secteurs où la majorité des postes sont occupés par des femmes.

 

18:21 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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