28/05/2011

Non à l’école primaire le mercredi matin

« La majorité des acteurs sait que l’amélioration des résultats scolaires passe par l’augmentation de la dotation horaire », écrit aujourd’hui David Haeberli dans la Tribune de Genève, plaidant, avec la majorité du Grand conseil, pour l’introduction de cours le mercredi matin à l’école primaire. En réalité, peu de pédagogues pourraient souscrire à un point de vue aussi réducteur, en particulier pour les petits degrés. Bien des études montrent en effet que la qualité de l’enseignement dépend beaucoup plus du nombre d’élèves par classe que de la durée de l’enseignement.

 


images.jpegUn argument apparemment plus convaincant assure qu’il faut bien prendre en charge les petits enfants pendant que leurs parents sont obligés de travailler. Ce serait toujours mieux de les envoyer à l’école que de les abandonner au gardiennage… de la télévision. Pourtant, la grande majorité des familles arrive jusqu’ici à s’organiser, l’un des parents, les grands-parents, voire des voisins, garantissant une prise en charge régulière qui permet d’aménager une respiration salutaire pour les petits en milieu de semaine et de développer des activités stimulantes entre générations.

Devrait-on garder à l’école les enfants dont les familles ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants en fin d’après-midi ou le samedi matin ? Poser la question, c’est y répondre. NON, l’école n’est pas une consigne où l’on dépose les enfants pendant les heures de travail, et qui doit sans cesse adapter ses horaires aux exigences des milieux économiques. L’école a bien plutôt pour mission de transmettre dans les meilleures conditions les connaissances de base qui fondent une culture commune. Au-delà de ces apprentissages fondamentaux, le parascolaire devrait aussi être fortement développé pour mettre le sport, la musique, le dessein, la peinture, la photographie, la danse, et j’en passe, à la portée du plus grand nombre.

Dire NON à l’école primaire le mercredi matin, c’est défendre une amélioration qualitative de l’enseignement par la réduction des effectifs des classes, mais c’est aussi refuser de transformer l’école en annexe des entreprises, qui conçoivent l’augmentation et la flexibilisation des horaires de travail comme un avantage compétitif. Heureusement, l’école n’obéit pas aux règles de rendement de l’économie privée, et la croissance du chiffre n’est pas pour elle un indicateur du succès. Une bonne raison de signer le référendum annoncé par la Société pédagogique genevoise.

13:21 Publié dans Formation | Tags : ecole, famille, travail | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

Tout à fait de votre avis ! Je trouve scandaleux qu'on considère l'école comme un endroit de gardiennage comme à IKEA.

Écrit par : Haebler | 28/05/2011

En quoi le fait de dire non à l'école le mercredi matin est un signe de devoir diminuer les effectifs des classes? Diminuer les effectifs, oui, mais pas pour avoir 2 effectifs avec le même professeur.
Le plus important serait de doter les classes d'au moins 2 profs.
Ce serait un plus pour nos enfants et pour la réduction du chômage.
Ensuite il faudrait que l'école ait envie de plaire aux enfants et non qu'elle se croit aimable par défaut, car de nombreux enfants la haïssent. Pourquoi dans ce cas les directeurs ne se posent pas la question pourquoi tant de haine de l'école ?
Alain

Écrit par : Alain | 28/05/2011

Un chaleureux merci pour votre témoignage criant de vérité.
Ce que l'on oublie aussi, c'est le nombre d'enfants qui profitent de s'instruire hors école publique pendant quelques heures le mercredi matin ou le mercredi après-midi. Ce ce fait, il ne leur reste donc déjà qu'une demi-journée pour donner libre cours à leurs fantaisies. Soulignons que ces formations qu'ils suivent à l'extérieur ne sont pas du superflu.
Pour beaucoup d'enfants d'origine étrangère, il s'agit de garder le contact avec leurs langues natales, ce qui est très profitable non seulement s'ils retournent au pays mais aussi comme ouverture à d'autres dimensions.
De même que la danse ou la musique peuvent permettre à des enfants de s'épanouir ou même de préparer une vie professionnelle, ce qui n'est pas à négliger du tout.
Merci encore de présenter la situation générale et pas seulement quelques avantages focalisés par des critères économico-politiques.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28/05/2011

Établir un lien entre les effectifs des classes et le congé du mercredi matin pour défendre la qualité de l'enseignement, franchement j'ai de la peine à vous suivre ...

On peut certes obtenir une amélioration de la qualité en réduisant les effectifs des classes, mais de là à affirmer qu'en dégraderait cette même qualité en supprimant le congé du mercredi matin, je ne vois vraiment pas !???

Le seul point sur lequel je partage votre position c'est que "l'école n'est pas une consigne". En effet, l'école n'est pas une garderie, sa mission est d'enseigner les fondamentaux aux élèves !

" .... le parascolaire devrait aussi être fortement développé pour mettre le sport, la musique, le dessein, la peinture, la photographie, la danse, et j’en passe, à la portée du plus grand nombre. "

Le "dessein" ? Mais dans quel dessein ? ;o)

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 28/05/2011

Bravo pour votre billet qui met en évidence la dégradation non seulement pour l’enseignement et les offres extrascolaires, mais également dans les échanges entre générations, que générerait le mercredi matin scolaire.
Je m’oppose également, dans mon Blog, à toute augmentation de l’horaire scolaire (Cf. http://micheleroullet.blog.tdg.ch/ )
On ne peut pas penser l’école avec une éthique économique !
Il est réconfortant de constater que la défense d’une école de qualité déborde les factions politiques.
Il est par contre préoccupant de voir que c’est un Conseiller d’Etat socialiste qui croit que consommer plus d’école est un atout ! Qu’en disent les Socialistes…

Écrit par : Michèle Roullet | 29/05/2011

Pour répondre à la question "en quoi le mercredi d'école dégraderait la qualité de l'enseignement"...
Les enfants iront 4 périodes de plus à l'école, mais pas les enseignants. Les enseignants seront déchargés des 4 périodes du mercredi durant la semaine (pendant les heures de travaux manuels et de gym).
Actuellement, pendant les travaux manuels et la gym, l'enseignant est en classe avec un demi-groupe, cela lui permet de faire de l'appui, de faire des expériences en science (impossible avec 20 - 25 élèves), d'enseigner dans un cadre plus profitable à l'élève.
Avec le mercredi matin, plus de travail en demi-groupe et donc une grande perte de qualité.

Écrit par : Belladonia | 29/05/2011

A tous ceux qui s'opposent à l'école le marcredi matin, je pose la même question qu'à Olivier Baud (SPG):
Malgré ce que certains prétendent, les chiffres officiels sont là pour le dire,il est indéniable que Genève présente un déficit d'heures d'enseignement par rapport aux autres cantons (SRED) et que celui-ci va encore se creuser puisque, semble-t-il, ces cantons vont encore allonger leur horaire scolaire. Il est donc incontournable de devoir allonger l'horaire scolaire de l'écolier genevois.
Dès lors, une seule question se pose! Quel scénario? Mercredi matin ou allonger chacun des 4 jours d'école actuels? Autre?
Et pourquoi l'un plutôt que l'autre?"

Écrit par : Duval | 29/05/2011

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