29/06/2011

Veillée d'armes en Grèce

Le Parlement grec se réunit aujourd’hui pour voter sur le nouveau chantier de démolition sociale concocté par le gouvernement socialiste (!?) remanié de Georges Papandréou, qui prévoit de nouvelles économies de 28 milliards d’euros d’ici 2015 et le bradage sur trois ans des entreprises publiques à hauteur de 50 milliards d’euros. Dans la rue, la résistance s’organise avec une grève générale de 48 heures et une manifestation monstre des « indignés » de tout le pays, aujourd’hui à Athènes.


grece manif 2.pngLe président de l’Union Européenne, Herman van Rompuy ne cache pas qu’il s’agit d’un « plan d’austérité très dur », imposé par l’Europe, la BCE et le FMI, comme condition d’un nouveau prêt de 12 milliards d’euros à Athènes… pour payer les intérêts de sa dette dans les mois à venir. Nous sommes dans un véritable scénario de plan d’ajustement structurel, identique à ceux que le FMI avait imposés aux pays du tiers-monde fortement endettés dans les années 1980 et 1990.

Tous les économistes sérieux estiment que la multiplication des purges brutales imposées à la Grèce depuis des mois ne font que précipiter son économie dans une spirale dépressive sans issue : fermeture de nombreuses entreprises, licenciements massifs, explosion du chômage, baisse généralisée des revenus, étranglement de la demande, effondrement du produit national, écroulement des recettes publiques.

Le peuple grec victime d'une saisie

La finalité de ces mesures n’est donc pas le remboursement de la dette, qui devient chaque jour moins probable en raison de la ruine économique du pays, mais une saisie en gros des revenus et des biens du peuple grec au profit de la finance internationale.

En effet, que prévoit le nouveau plan d’ajustement structurel imposé par l’Union européenne, la BCE et le FMI à la Grèce : une hausse de la fiscalisation des bas revenus (abaissement du seuil d’imposition, nouvelle augmentation de la TVA, impôt de « solidarité »), ainsi qu’une nouvelle réduction massive des effectifs et des salaires du secteur public.

Face à ce coup d’Etat antisocial mené tambours battants par le PASOK (Parti socialiste grec), qui s’est totalement effondré dans les sondages, les syndicats ont décidé une grève générale de 48 heures hier et aujourd’hui. Le mouvement des « indignés », qui occupe les places de plusieurs dizaines de villes depuis la fin mai, appelle aussi toute la Grèce à descendre dans la rue pour cerner le Parlement aujourd’hui. Des centaines de milliers de personnes sont attendues à Athènes, sur la place Syntagma, si bien qu’on se demande même si les députés pourront rejoindre l’hémicycle pour voter.

Ni la misère ni les tanks

Il y a trois jours, l’Assemblée populaire de la place Syntagma appelait à « un soulèvement national pour enterrer définitivement le fameux Programme d’austérité à moyen terme » du gouvernement : « cette lutte n’est pas seulement décisive pour notre futur, ajoutait-elle, mais elle est aussi porteuse d’espoir pour tous les peuples du monde qui veulent prendre leur sort en main ».

Face aux sinistres menaces du Vice-président social-démocrate Theodoros Pangalos : « Le Programme d’austérité à moyen terme ou les tanks », le mouvement des « indignés » a averti le gouvernement et les représentants de l’UE, de la BCE et du FMI de « ne pas imaginer une seule seconde que la répression puisse briser sa résistance ».

Soyons solidaires aujourd’hui avec le peuple grec, pour éviter que d’autres pays européens soient soumis demain à de violentes purges du même type, le Portugal, l’Espagne, l’Italie… et au-delà, pour dire NON à cette brutale offensive du capital financier, fraichement renfloué par les deniers publics, qui tente d’imposer une nouvelle et brutale redistribution des richesses à son profit, au détriment de la majorité des populations du Vieux continent.

 

Commentaires

Alors que les membres du gouvernement comptent sur de la fraiche afin de pouvoir faire des choses peux avouables, le peuple refuse ces transferts de cash qui disparaissent aussi vitre que les transferts de fonds par satellite !

Écrit par : Corto | 29/06/2011

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