18/08/2011

Appel européen contre la dictature financière

Des lectrices et lecteurs du journal en ligne MEDIAPART viennent de lancer cet appel international. A l'heure qu'il est, nous sommes encore peu nombreux à le soutenir à Genève et en Suisse. Il nous concerne pourtant directement. Pour le signer en ligne, il suffit d'aller à l'adresse suivante :

http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere


crise_financiere_accroche.jpgUne crise sans précédent aggrave les inégalités sociales et la pauvreté et entraîne l’Europe vers une catastrophe imminente

Nous, citoyennes et citoyens d’Europe, affirmons que cette crise n’est pas fatale comme on voudrait nous le faire croire : des solutions existent et elles doivent aujourd’hui être imposées par les peuples. Devant l’irresponsabilité de nombreux gouvernements qui font payer aux citoyens la folie des vrais responsables de la crise de la dette, à savoir les Marchés financiers, nous appelons à refuser la dictature de la spéculation financière et ses terribles conséquences sur nos vies.

Les politiques actuelles conduisent à une impasse économique

Prétextant la crise de la dette, les gouvernements imposent partout des plans de réduction des dépenses publiques qui détruisent des institutions vitales pour le bien commun : École, Hôpital, Justice, Recherche, Sécurité sociale...

Après la crise de 2008, nos dirigeants nationaux et européens s’étaient fermement engagés à limiter les effets dévastateurs de la spéculation financière : ces engagements n’ont pas été tenus ! Pire : la spéculation la plus débridée se déchaîne impunément et mine toute chance de relance économique et de réduction du chômage.

Nous refusons que la finance soit une arme qui broie les peuples au profit des plus riches

Les organismes financiers doivent être au service de la vie sociale et de l’économie, et non l’inverse. Aussi, nous affirmons qu’il faut aujourd’hui changer de politique et de modèle économique.

Nous appelons les citoyennes et citoyens des pays européens à user de tous les moyens démocratiques et pacifiques dont ils disposent pour imposer les cinq premières mesures suivantes à leurs gouvernements et aux institutions européennes :

l’annulation des plans d’austérité ;

l’interdiction de toute spéculation financière aux banques de dépôts ;

une taxe substantielle sur les transactions financières harmonisée à l'échelle européenne ;

l’audit indépendant des dettes publiques en vue de leur résorption ou de leur annulation ;

des réformes fiscales visant à redistribuer équitablement les richesses.

Nous nous déclarons solidaires de tous les Indignés et nous appelons à soutenir, développer et fédérer au niveau européen tous les mouvements de protestation.

À cette fin, nous appelons à occuper chaque dimanche, massivement et pacifiquement, les places publiques des grandes villes. Ces rassemblements hebdomadaires se répéteront aussi longtemps que la volonté des peuples n’aura pas été entendue et respectée. Ils ont vocation à se transformer en véritables forums citoyens pour la reconquête de la souveraineté des peuples.  Reprenons en main nos destins pour lutter de façon unie et solidaire contre la dictature financière !

Mille rassemblements populaires pour une Europe des citoyens !

Mille forums citoyens contre la dictature financière !

Commentaires

Le capitalisme amène pour tous un niveau de richesse sans commune mesure. Depuis un siècle la quantité, la diversité, la qualité des biens et services n'ont cessé d'augmenter, tandis que dans le même temps le temps de travail à réaliser pour s'offrir ces mêmes biens n'a pas cesser de baisser. C'est grace au capital, à l'investissement et aux gains de productivité que cela permet que nous dispons de ces richesses, la cause initiale est la liberté d'entreprendre et ses corrollaires, la protection de la propriété tant matérielle qu'intellectuelle.

On se braque sur les inégalités que le système crée alors qu'on ne voit pas le niveau absolu incommesurablement plus élevé auxquel il amène tout le monde. Mécontent parce que certains ont plus, d'autres lancent un appel pour tuer ce système et le remplacer par le socialisme. C'est ce que nous avons fait petit à petit depuis un siècle, mesure après mesure, au point qu'aujourd'hui nos systèmes hybrides n'ont plus beaucoup de capitalisme en leur sein mais énormément de socialisme.

L'URSS s'est effondrée avant nous parce qu'elle était complètement socialiste. Nous nous effondrerons plus tard, non pas parce que nous pourrions être capitalistes, mais parce que nous ne sommes que partiellement socialistes. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si les pays qui ont conservé le plus de règles libérales sont ceux qui vont le moins mal et si ceux qui se sont le plus avancés dans le socialisme sont ceux qui sombrent les premiers.

Le moment de vérité approche. Toutefois, il semblerait qu'au moment de la chute de ce système hybride, au lieu de revenir en arrière certains préfèrent finir le travail dans le même sens que celui initié voilà plus d'un siècle par les menchéviks.

Résumons donc l'appel:
le socialisme a créé la dette en multipliant la dépense publique et les subventions à tout va. C'est lui qui coule la baraque. On trouve un bouc émissaire: le capitalisme. Et on demande encore plus de socialisme pour achever la bête et précipiter notre chute. Sympa!

Écrit par : mais tout à fait | 18/08/2011

Je crois qu'en Suisse, nous avons une démocratie directe qui fonctionne assez bien. Contrairement aux autres Etats européens, qui ne sont pas de vraies démocraties, nous avons déjà la possibilité d'agir, sans se complaire dans des occupations symboliques de places publiques ou dans des "indignations" stériles, et sans se draper dans la vertu trompeuse de slogans simplistes.
Plutôt que de reproduire le programme vaseux et mal défini que je lis sur votre billet, prenez la peine de déterminer précisément ce que signifie "redistribuer équitablement les richesses". Vous vous rendrez vite compte que si vous mettez en pratique tous vos beaux principes, vous n'aurez plus de caisse de retraite dans un mois. Nous sommes tous partie prenante, nous sommes tous les bénéficiaires de la "dictature financière" que vous dénoncez.
Le dictateur, c'est le gars qui n'a rien fait d'exceptionnel dans sa vie et qui trouve normal de réclamer six semaines de vacances par année en ne travaillait que 40 heures par semaine, ou qui trouve normal d'avoir un téléphone portable quasi-gratuit (alors qu'il ne sait même pas écrire de SMS sans fautes graves), ou qui a déjà fait plusieurs voyages intercontinentaux dans son existence, ou de se faire soigner pour une maladie grave sans dépenser toutes les économies de sa famille élargie... Il y a plein de dictateurs qui s'ignorent parmi les "indignés".

Écrit par : Michael Kohlhaas | 18/08/2011

il semble que la propagande marche bien, si on en arrive a considerer que le socialisme est à l origine de la dette des etats et donc de la situation actuelle. sans refaire un cours d histoire, signalons tout de même que le pays en grandes difficulté de paiement est l exemple de politique ultra-liberale, que l'Allemagne, bouée de sauvetage de l'Europe ne doit sa relative bonne santé qu a une veritable politique industrielle, modernisée en grande partie par un chancellier social democrate.Il n'est d'ailleurs pas question à ttraver la pétition de Médiapart de récréer un état à l economie socialisée, mais juste de reconstruire une fiscalité plus juste...pas de boucs emissaires, mais des solutions efficaces...le systeme actuel a éxhoué, il m etonnerait fort que l Histoire retienne que c'est a cause d un exces de socialimse que les Traders et speculateurs ont précipté cette chute.
Pas question de revenir sur la liberté d'entreprendre, mais simplement de controler ce marché qui echappe a beaucoup trop de regles et precipite des pays entiers dans l austerité.
Conluons en souligannt qu une politique d'austerité a peut etre ramené certains apys sur la voie de la croissance, mais le contexte est tres different aujourd hui et l evidence devrait tous nous frapper...qui consommera plus demain qu aujourd hui? pas les plus pauvres d entre nous evidemment, mais pas la grande majorité de la classe moyenne qui preferera "capitaliser" , moi le premier

Écrit par : nicoap | 19/08/2011

Je conseille à tous de lire ce document, qui propose une solution qui, me semble-t-il, est mieux adaptée au problème de l'argent dette, comme l'appelle Paul Grignon:


http://www.suisse.attac.org/L-argent-dette


Le document reprend en partie le film l'Argent Dette et expose la problématique transposée à notre pays.


Une autre référence intéressante, qui va un peu dans le même sens, et qui est bien plus vieille :


http://monnaie.wikispaces.com/


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Écrit par : UBik | 21/08/2011

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