18/09/2011

Danemark : les racistes reculent, les anticapitalistes progressent

Deux leçons essentielles se dégagent des résultats des élections législatives de ce 15 septembre au Danemark. D’abord, l’extrême droite xénophobe et raciste peut être mise en échec. Ensuite, la gauche anticapitaliste peut gagner une audience populaire dans un pays qui n’est pas très éloigné de la Suisse.


images.jpegLa presse internationale a relevé l’échec de la coalition de droite qui dirige le pays depuis 10 ans. C’est le résultat le plus visible de ce scrutin. Les Libéraux se sont certes maintenus, mais leur principal allié, le Parti populaire conservateur, a perdu 10 sièges (de 18 à 8), en partie au profit de l’Alliance libérale (un nouveau parti de droite qui a gagné 5 sièges). Par ailleurs, le Parti social-démocrate n’a pas progressé : il a même perdu un siège, et le Parti populaire socialiste, qui va participer avec lui au nouveau gouvernement, a fortement reculé (moins 7 sièges).

Les grands vainqueurs de ces élections sont ainsi les Sociaux-libéraux (parti centriste d’opposition), qui passent de 5,1% à 9,5% (de 9 à 17 sièges), et vont sans doute accéder comme troisième force au gouvernement. Mais c’est aussi L’Alliance rouge et verte (ARV), une formation de la gauche anticapitaliste, proche de solidarités en Suisse, qui progresse de 2,2% à 6,7% des suffrages, soit de 4 à 12 sièges.

Au cours de la campagne, l’Alliance rouge et verte a défendu une orientation de gauche conséquente, centrée essentiellement sur trois thèmes : défense des droits sociaux, en particulier ceux des retraités et des chômeurs, femmes et hommes ; plan de défense du climat avec investissements massifs dans de nouveaux emplois verts ; défense des droits des immigrés et requérants d’asile. Les Sociaux-libéraux, autres vainqueurs de ces élections, ont eux aussi fait campagne pour les droits des immigré-e-s, mais sans remettre en cause l’orientation néolibérale du précédent gouvernement.

De son coté le Parti populaire danois (extrême droite) accuse un recul significatif en perdant trois sièges. S’il recueille tout de même 12,3% des voix et 22 sièges, pour la première fois depuis des années, le racisme et la xénophobie n’ont pas fait recette. En effet, la politique danoise de l’immigration est l’une des plus répressive d’Europe et les citoyens de ce pays ont pu vérifier sur le terrain qu’elle ne résolvait aucun de leurs problèmes…

La défaite de la coalition de droite au pouvoir confirme une claire tendance européenne : les partis de gouvernement, qu’ils soient de droite ou sociaux-démocrates perdent systématiquement les élections parce qu’ils appliquent les mêmes recettes économiques et sociales. mais au Danemark comme ailleurs, cela annonce-t-il un changement de politique ? Rien n’est moins sûr, Mme Thorning-Schmidt, la cheffe du Parti social-démocrate parle ainsi de financer son programme de relance grâce à une heure de travail supplémentaire.

En revanche, la forte progression de la gauche anticapitaliste (ARV) montre que la défense de l’Etat social, d’un programme écologique radical et des droits des immigré-e-s peut conquérir une part croissante des suffrages populaires. Voilà la bonne nouvelle qu’il s’agit de transformer en rapports de force sociaux sur le terrain pour un véritable changement de politique.

 

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