01/07/2015

Un NON du peuple grec le 5 juillet serait une victoire pour nous tous

 Réf-Grèce.jpgFace à l’intransigeance sans borne de la Troïka (BCE, Commission européenne et FMI), le gouvernement de SYRIZA n’a pas voulu capituler en rase campagne. Il a refusé de signer un nouveau mémorandum du même tonneau que ceux qu’avait imposé la droite. Après tout, son arrivée au pouvoir, le 25 janvier 2015, n’avait-il pas été le résultat de plusieurs années de résistance opiniâtre, marquées par plus de 30 grèves générales, par des manifestations de rue sans nombre, par des occupations… pour faire pièce à un plan d’ajustement structurel d’une brutalité inouïe?

L’obstination « des institutions » à refuser toute concession, même la plus modeste, ne pouvait donc être interprétée autrement que comme la volonté de punir les autorités grecques d’avoir pu imaginer un instant discuter l’oukase des milieux financiers et de leurs représentants. Pourtant, le samedi 27 juin, le gouvernement d’Athènes unanime annonçait sa décision de soumettre au vote du parlement une proposition de référendum sur « la dernière offre » de la Troïka, assortie d’une consigne de rejet. Le lendemain, la Vouli adoptait cette proposition par 178 voix, sur 298 députés présents, contre l’avis de la droite (Nouvelle démocratie) et du PASOK (Parti socialiste) réunis, et sans l’appui du Parti communiste, qui proposait… un autre référendum.

Aujourd’hui, les ministres des finances de l’Union européenne sont bien obligés d’envisager un défaut de paiement de la Grèce, qui pourrait être décidé démocratiquement par le peuple. Alors que les commentateurs s’attendaient à un compromis très défavorable au gouvernement de SYRIZA et se demandaient comment un parti élu pour combattre l’austérité se débrouillerait pour faire avaler cette couleuvre à ses électeurs, l’arrogance de la Troïka a engagé une confrontation politique inattendue qui pourrait redonner la main aux forces populaires.

Un NON le 5 juillet marquerait en effet une défaite « des institutions », en dépit de la véritable tentative de coup d’Etat financier en cours (panique bancaire ourdie de l’extérieur). Elle rallumerait l’espoir et relancerait la mobilisation dans le camp populaire, donnant tout son sens à l’avis préliminaire de la Commission d’audit de la dette grecque, qui l’a déclarée illégale, illégitime et odieuse. Un NON massif du peuple grec ouvrirait une page nouvelle dans la vie politique de l’Europe. C’est pourquoi, je suis pleinement solidaire de cet appel à la dignité, que la gauche suisse devrait comprendre comme une incitation à dénoncer aussi les agissements de sa propre place financière, qui travaille main dans la main avec Francfort, Bruxelles et le FMI pour le dépeçage de la Grèce.