10/08/2015

Assurer les soins dentaires : quand santé rime avec justice sociale

 

iu.jpegUn an après celle du canton de Vaud, une initiative vient d’aboutir à Neuchâtel, portée notamment par le mouvement politique solidaritéS et le Parti ouvrier et populaire (POP), pour la mise en place d’une assurance publique des soins dentaires au plan cantonal. Elle prévoit des primes proportionnelles aux revenus. Des projets analogues sont en préparation au Tessin, en Valais, à Zurich et à Genève, où Ensemble à gauche va déposer prochainement un projet de loi dans ce sens au Grand Conseil.

Un groupe de chercheurs l’a écrit noir sur blanc : la santé bucco-dentaire est un révélateur des inégalités sociales en Suisse. C’est ainsi que 60% des caries diagnostiquées chez les enfants le sont dans 20% des familles les plus défavorisées (Revue Médicale Suisse, 2009). Or, les affections dentaires non traitées sont un facteur important de dégradation de la santé publique, provoquant de multiples infections, des maladies cardiaques et même des cancers, comme le reconnaissait le député et médecin Pierre Conne (PLR), que l’on ne pourra pas soupçonner d’exagérer le problème (Mémorial du Grand Conseil, 29 nov. 2013).

En Suisse, la totalité des soins bucco-dentaires représente une facture de plus de 4 milliards de francs, soit l’équivalent de la moitié du budget du canton de Genève, dont près de 90% sont à la charge des patients, l’Etat, les assurances sociales et les assurances privées ne couvrant qu’à peine plus de 10% de ces dépenses. C’est pourquoi, selon une étude de 2012, un habitant de Genève sur sept renonce à des soins pour des raisons financières, et dans les trois-quarts des cas, à des traitements dentaires…

Les assurances privées exigent des primes élevées, prohibitives pour les petits revenus, et plafonnent généralement le remboursement des soins à 1000 à 2000 francs par an, alors qu’une assurance publique financée sur le modèle de l’AVS, pourrait tout à la fois renforcer la prévention et prendre en charge le remboursement des soins moyennant un prélèvement de 0,3 à 0,5% sur les salaires. Voilà une réponse à un sérieux problème de santé public, ceci d’autant plus que ces projets cantonaux pourraient servir de banc d’essai à une assurance fédérale, comme l’avait été l’assurance maternité genevoise, et relancer la mobilisation pour une caisse maladie unique avec des primes proportionnelles aux revenus.

 

 

Commentaires

bonjour
exact avec les primes de l assurance de Base LAMAL rien n est inclus pour les
soins dentaire de bas une fortune
de plus les dentiste Suisse refuse obstinémen que les soins dentaire soit prix par la Lamal
inaceptable le Conseil federal lui en a rien a battre en plus ont nous dit la mème regaine et chaque annèe les primes augmente
meme une initiative ne ferais rien raz le bol de ce pays je suis SUISSE mais
degoutè par c ette politique
salutations

Écrit par : phw11348 | 10/08/2015

Si les études étaient soumise à un certain nombre de contrainte d'installation on n'en serait pas là. Le plus scandaleux c'est l'esclavagisme bancaire qui propose des fonds illimités pour s'installer et après ces "médecins" rackettent et turbinent plus à la facturation qu'aux soins. Mon dentiste dans le quartier de l'hôpital, qui soigne un psychiatre sexologue très connu, n'a pas hésité à envoyé des coups violent contre mes incisives par ce qu'il avait remarqué des petites cassures faite à l'entubage lors d'une opération. Croyez-moi pour arriver à donner des coups aussi violents avec un instrument dans un espace aussi réduit il faut vraiment être de mauvaise foi. Aucune excuses... mais mes deux dents sont maintenant fendues prêtes pour une future facture. Parce qu'il soigne mieux ses factures que ses patients...

Écrit par : sigmund | 13/08/2015

" la santé bucco-dentaire est un révélateur des inégalités sociales en Suisse. "

Cette nouvelle assurance que propose l'extrême gauche est justement inégalitaire et va aller droit dans le mur faute d'un financement suffisant. Vous allez faire reporter tout les frais dentaires de la population non active sur le dos des salariés qui seront les seuls à financer cette assurance.

D.J

Écrit par : D.J | 13/08/2015

D.J. me semble tout confondre. D'abord, la proposition d'une assurance des soins dentaires, une mesure sociale élémentaire, n'a rien d'extrémiste. Ensuite, sa conception sur le modèle de l'AVS - pour celles et ceux qui cotisent à l'AVS -, implique que salariés et employeurs contribueraient de façon paritaire à son financement. Enfin, pour une minorité de la population qui ne cotise pas à l'AVS, le budget de la santé serait sollicité. Est-ce trop demander à mon contradicteur que de quitter un instant le terrain de ses certitudes idéologiques pour chercher à répondre aux difficultés réelles de la population?
J.B.

Écrit par : Jean batou | 13/08/2015

Cette initiative est scandaleuse, tout comme le fait que le Conseil Fédéral plie devant les caprices des dentistes. Les dents font partie de l'organisme au même titre que n'importe quel organe et il est sidérant de voir qu'une partie du corps médical se permette de "découper" et écarter une partie de notre organisme sous de fallacieux prétextes. Quel respect du principe de solidarité? Quel respect du code déontologique médical? Paradoxalement, les conséquences d'un mauvais état de la dentition,elles, sont couvertes par la LaMal. Intégrer les soins dentaires à l'assurance de base relève du simple bon sens et de la bonne foi. D'autant que je ne crois pas que cela augmente les dépenses de la santé car les dégâts causés par un mauvais état de la dentition sont sources de lourdes dépenses et sur le long terme. (articulaires, cardiaques, digestifs etc... Des primes proportionnelles aux revenus? Ce serait plus proche du véritable principe de solidarité, contrairement au système actuel.

Écrit par : Mireille LUISET | 16/08/2015

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