25/08/2015

OUI AU RENFORCEMENT DE L'AVS, NON AU "PAQUET BERSET"

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10/08/2015

Assurer les soins dentaires : quand santé rime avec justice sociale

 

iu.jpegUn an après celle du canton de Vaud, une initiative vient d’aboutir à Neuchâtel, portée notamment par le mouvement politique solidaritéS et le Parti ouvrier et populaire (POP), pour la mise en place d’une assurance publique des soins dentaires au plan cantonal. Elle prévoit des primes proportionnelles aux revenus. Des projets analogues sont en préparation au Tessin, en Valais, à Zurich et à Genève, où Ensemble à gauche va déposer prochainement un projet de loi dans ce sens au Grand Conseil.

Un groupe de chercheurs l’a écrit noir sur blanc : la santé bucco-dentaire est un révélateur des inégalités sociales en Suisse. C’est ainsi que 60% des caries diagnostiquées chez les enfants le sont dans 20% des familles les plus défavorisées (Revue Médicale Suisse, 2009). Or, les affections dentaires non traitées sont un facteur important de dégradation de la santé publique, provoquant de multiples infections, des maladies cardiaques et même des cancers, comme le reconnaissait le député et médecin Pierre Conne (PLR), que l’on ne pourra pas soupçonner d’exagérer le problème (Mémorial du Grand Conseil, 29 nov. 2013).

En Suisse, la totalité des soins bucco-dentaires représente une facture de plus de 4 milliards de francs, soit l’équivalent de la moitié du budget du canton de Genève, dont près de 90% sont à la charge des patients, l’Etat, les assurances sociales et les assurances privées ne couvrant qu’à peine plus de 10% de ces dépenses. C’est pourquoi, selon une étude de 2012, un habitant de Genève sur sept renonce à des soins pour des raisons financières, et dans les trois-quarts des cas, à des traitements dentaires…

Les assurances privées exigent des primes élevées, prohibitives pour les petits revenus, et plafonnent généralement le remboursement des soins à 1000 à 2000 francs par an, alors qu’une assurance publique financée sur le modèle de l’AVS, pourrait tout à la fois renforcer la prévention et prendre en charge le remboursement des soins moyennant un prélèvement de 0,3 à 0,5% sur les salaires. Voilà une réponse à un sérieux problème de santé public, ceci d’autant plus que ces projets cantonaux pourraient servir de banc d’essai à une assurance fédérale, comme l’avait été l’assurance maternité genevoise, et relancer la mobilisation pour une caisse maladie unique avec des primes proportionnelles aux revenus.