21/01/2017

RIE III : NOUS POUVONS GAGNER CONTRE LE LOBBY DE L’ARGENT

La RIE III c’est un transfert de 5 milliards par an des collectivités publiques dans les poches des gros actionnaires des principales entreprises de ce pays. De quoi est-elle le nom ? De la plus violente offensive des milieux patronaux contre les services publics, contre les retraites, contre les assurances sociales, contre nous tous, depuis des décennies.


Selon le second sondage Tamedia des 16 et 17 janvier, que vient de publier la Tribune de Genève, les opposants à la RIE III sont encore légèrement majoritaires en Suisse alémanique, mais cette légère domination du NON est malheureusement contrebalancée par une plus nette domination du OUI en Suisse romande. Du jamais vu dans un scrutin fédéral !

Si le lobby de l’argent roi gagne cette bataille, le 12 février prochain, il pourra dire merci au socialiste neuchâtelois Jean Studer, qui a été le premier à introduire la RIE III dans son canton, avant d’êtCapture d’écran 2017-01-21 à 12.40.46.pngre nommé président du Comité de banque de la BNS pour ses bons et loyaux services à la finance. Ils pourront dire merci aussi au socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard, qui a réussi à faire plébisciter la RIE III de l’autre côté de la Versoix avant le vote fédéral.

A Genève, le NON sera sans aucun doute plus fort que dans les cantons de Neuchâtel et de Vaud, même si ses magistrats socialistes et verts ont plaidé aussi pour l’acceptation d’une formule cantonale inique, dictée par la Fédération des entreprises romandes (FER) et le Groupe des entreprises multinationales (GEM), qui devrait priver l’Etat et les communes de 460 millions au moins.

Plus récemment, ces mêmes magistrats se sont encore battus devant l’AG du PS genevois pour qu’elle ne prenne pas position clairement contre le projet du Conseil d’Etat en plaidant pour un compromis : ne pas signer en l’état, avec l’ensemble des partis gouvernementaux, la convention de « paix du budget » en faveur de la RIE III genevoise, mais ne pas se prononcer non plus pour son rejet définitif.

Ensemble à Gauche, les syndicats rassemblés au sein de la CGAS, le Cartel intersyndical de la fonction publique, les milieux associatifs, les églises, mais aussi la grande majorité des militants et des électeurs du PS et des Verts, peuvent cependant arracher un NON genevois à la RIE III, qui tendrait la main aux régions de Suisse alémanique qui s’apprêtent à voter NON.

Il est temps aussi pour les électeurs du MCG de réaliser que leur parti est ici le support inconditionnel d’un gouvernement d’austérité qui, loin de défendre les résidents dans le besoin, se prosterne devant les principaux pouvoirs économiques de ce canton. Ce qu’il défend, ce n’est pas « une économie forte pour une politique sociale forte », mais « une politique sociale exsangue en faveur des plus gros actionnaires ». Le MCG serait-il en train de se transformer en Mouvement des Capitalistes Genevois?

Un NON genevois à la RIE III est d’autant plus important, qu’il prépare les formidables batailles qui s’annoncent autour du financement des services publics et des prestations sociales dans ce canton, comme sur le sort de la Caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG), qui concocte des baisses de rentes massives pour ses assurés. Ce NON, nous devons le construire pierre par pierre dans les quatre semaines qui viennent, contre une droite patronale qui jette des millions dans la bataille, parce qu’elle sait bien ce qu’elle va y gagner.

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