11/04/2018

La démocratie genevoise est-elle soluble dans l’argent trouble ?

Unknown.jpegAu cours de cette dernière campagne électorale cantonale d’énormes financements pleuvent de partout sur un parti qui prône la défense des super-riches et leur volonté explicite d’évincer Ensemble à Gauche du parlement cantonal.

En plénière du Grand Conseil, le 24 novembre dernier, en réponse à un projet de loi visant à supprimer une faveur fiscale aux multimillionnaires, le député Ronald Zacharias, aujourd’hui candidat de Genève en Marche au Conseil d’Etat, déclarait que ma proposition relevait de la maladie mentale, et qu’il disposait des fonds nécessaires pour me soigner en recourant au savoir faire du député chirurgien Philippe Morel, aujourd'hui candidat PLR…

Or voilà qu’une candidate de Genève en Marche achèterait des bulletins de vote parmi les abstentionnistes et les vendrait à 50 francs, ce qui porterait le prix de 1% des suffrages à 50 000 francs, soit une toute petite fraction des moyens de Genève en Marche… En même temps, la responsable présumée de ce commerce de cartes de vote signées a été dénoncée à la police par son propre parti.

À en croire la Tribune de Genève, elle aurait affirmé « avoir favorisé par le passé d’autres votations et élections »;  elle serait même « coutumière de la pratique avec d’autres partis gouvernementaux ». L’enquête déterminera si ce n’est que pure affabulation ou si elle a effectivement vendu des bulletins à d’autres partis, si oui, auxquels, et si cela a pu influencer d’autres votations ou élections.

Dans tous les cas, il est grand temps de limiter fortement l’influence de l’argent sur les processus électoraux, comme le demande Ensemble à Gauche, qui vient de déposer un projet de loi dans ce sens, au risque de voir se développer une véritable mafia électorale à Genève. Cela vaut pour les campagnes comme pour la procédure de vote elle-même.

Pour offrir les meilleures garanties contre l’achat ou le vol de matériel de vote par des partis ou candidats indélicats, il n’y a en effet qu’une solution citoyenne sérieuse : le retour du vote aux urnes. N’est-ce pas le seul moyen de redonner confiance aux électeurs-trices dans la correction des opérations électorales ?