• COVID-19 AU FÉMININ

    Parmi les personnes hospitalisées ou décédées pour cause de COVID-19, les hommes sont sensiblement plus nombreux. Les raisons de cette différence ne sont pas encore établies de façon systématique. En revanche, les femmes sont clairement surreprésentées parmi les victimes économiques et sociales indirectes de la pandémie en cours, dans le monde du travail comme au sein de la famille.

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  • COVID-19 ET TRAVAIL INFORMEL

    Les effets sociaux de la pandémie touchent de façon brutale de large secteurs du travail informel, précaire, ubérisé, qui ont explosé ces dernières années en Europe et aux États-Unis, provoquant les premières poussées de révolte dans les régions les plus pauvres touchées par COVID-19.

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  • LE CONSEIL D'ÉTAT À CÔTÉ DE LA PLAQUE

    Depuis une semaine, à Genève, 1 décès sur 5 est dû à COVID-19 (2 décès sur 5 hier, le 26 mars). Au Tessin, durant cette même semaine, 5 décès sur 6 sont dus à COVID-19. Ces chiffres montrent que la surmortalité liée à la pandémie est en train d’exploser dans les cantons suisses les plus touchés. Genève arrive aujourd’hui en deuxième position, par rapport à sa population, devant le canton de Vaud. Ensemble, ces trois cantons latins comptent pour 56% des 197 décès rapportés aujourd’hui (27 mars, à midi) à l’échelon national.

    Et pourtant, le Conseil d'État genevois s’entête à maintenir le 2tour des Municipales ce 5 avril, sans doute au pic de la pandémie, alors qu’un report de 2 à 3 mois n’aurait pratiquement rien changé au fonctionnement des institutions. En revanche, il aurait garanti le maintien d’une campagne électorale démocratique, évitant que les partis les plus fortunés puissent publier des pleines pages de publicité dans les journaux, comme le PLR, dans la Tribune de Genève de ce 23 mars, alors que les partis les plus populaires se voient privés d’une campagne militante de rue.

    Par ailleurs, comme il fallait s’y attendre, l’organisation de cette élection débouche sur la cacophonie la plus complète : les indications portées sur le matériel de vote sont en contradiction avec les arrêtés du Conseil d’État, risquant d’induire nombre d’électeurs·trices en erreur ; des consignes distinctes, envoyées par le Service des votations, arrivent pêle-mêle avant ou après le matériel de vote ; personne ne sait plus à quel saint se vouer, sans compter les personnes les plus fragiles qui ne relèvent plus leur boîtes aux lettres.

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    Et voilà qu’on apprend ce matin que le Conseil d’État a décidé de rouvrir les chantiers, par peur de ne pas respecter à la lettre les recommandations de Berne, alors qu’un peu de clairvoyance et de courage aurait dû l’amener à maintenir cette fermeture et à convier les deux autres cantons les plus touchés par COVID-19 à exiger la suspension de toutes les activités économiques non essentielles à l’échelon national. En effet, le Tessin n’a qu’une semaine d’avance sur Genève et Vaud pour ce qui est de la létalité de l’épidémie, tandis que ces deux cantons romands n’ont qu’une semaine d’avance sur le reste de la Suisse. Doit-on se préparer à un scénario à l’italienne ?

    Il appartient donc désormais à la société civile de se manifester pour demander aux autorités qu’elles agissent dans l’intérêt de la grande majorité de la population, et non des intérêts économiques de quelques coteries bien représentées dans les coulisses des différents conseils d’État et de la Berne fédérale. Exigeons la fermeture immédiate des activités non essentielles aux soins, à l’approvisionnement et à la sécurité de la population !

  • SWISSCOM ET LE CONSEIL FÉDÉRAL FONT FAUSSE ROUTE : FERMONS LES ENTREPRISES NON INDISPENSABLES !

    Face à la pandémie, le Conseil Fédéral refuse de suspendre les activités économiques non indispensables à la lutte contre COVID-19. En même temps, Swisscom s’engage à livrer des informations sur la géolocalisation de regroupements de plus de 20 personnes dans un espace de 100 m. sur 100 m. à l’Office fédéral de la santé publique. Cherchez l’erreur…

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  • COVID-19 : la guerre des chiffres

    Les nombres de morts de COVID-19 par pays sont des données assez comparables, au moins pour les États qui disposent de services sanitaires développés et de relais administratifs sérieux. Ce sont les plus robustes dont on dispose pour les pays du monde les plus touchés depuis deux semaines, qui permettent ainsi d’établir des comparaisons internationales. Mais à quoi peuvent bien servir de tels chiffres?

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  • AUSTÉRITÉ EN MATIÈRE DE SANTÉ PUBLIQUE ET LÉTALITÉ DE COVID-19

    Les décès attribués à COVID-19 varient fortement selon les pays, de même que leur progression journalière. Il semble bien que la létalité inégale de cette maladie selon les États dépende des politiques de santé publiques menées par chacun d'eux depuis 20 ans. Elles s'expriment concrètement par un différentiel important de lits en soins intensifs pour 1000 habitants. Dans ce domaine, les politiques néolibérales révèlent aujourd'hui pleinement leur coût humain, mais aussi leur irrationalité économique.

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  • PANDÉMIES, MESURES SANITAIRES ET LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE: LA SUISSE DONNE LE PLUS MAUVAIS EXEMPLE

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    Au cours de ces 4 derniers jours, du 19 au 23 mars, la Suisse a été le pays au monde qui a connu la plus forte augmentation du nombre de morts de COVID-19 (+228%), suivie par les USA (+215%), le Royaume-Uni (+179%), la France (+178%), l'Espagne (+175%), l'Allemagne (+164%), la Hollande (+134%), l'Italie (+84%), la Corée du Sud (+22%) et la Chine (+1%).

    Les chiffres absolus très élevés de l'Italie et de l'Espagne, cachent une progression beaucoup plus rapide du nombre de morts dans les autres pays, dont la Suisse, les États-Unis et le Royaume-Uni ont désormais pris la tête. Ce sont aussi les États les plus libéraux économiquement, où le gouvernement central a hésité le plus longtemps et hésite toujours à prendre des mesures radicales par peur de nuire aux "milieux économiques".

    Dans les années 1830-1840, les scientifiques qui défendaient le caractère contagieux (transmis de personne à personne) des maladies comme la peste ou le choléra, étaient contrés par le consensus majoritaire des experts britanniques et français, qui estimaient que ces maladies étaient transmises par des qualités propres à l'air ou à l'eau, par des miasmes. Ils étaient alors soutenus par les milieux libéraux, qui s'opposaient à toute idée de mise en quarantaine des navires marchands. La vérité scientifique a fini, on le sait, par triompher, mais à quel prix en souffrances humaines...

    Aujourd'hui, les mêmes milieux récidivent, jusqu’en Italie, où malgré 5500 morts à ce jour, le gouvernement est revenu sur sa décision de samedi soir de fermer toutes les activités non indispensables, sous la pression des milieux industriels. Alors que la Suisse voit exploser le nombre de décès dus à de COVID-19, exigeons maintenant des autorités fédérales et cantonales la fermeture de toutes les activités non indispensables. Il n'y a pas une minute à perdre. Il en va de la vie de centaines de personnes !

  • LA SUISSE À LA POINTE DU CAPITALISME MONDIALISÉ ET DE COVID-19

    Où en est-on dans la progression de la pandémie à l’échelle internationale ?

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    Au début de cet après-midi (22 mars), le Coronavirus Ressource Center de l’Université Johns Hopkins recensait 312'000 cas testés, soit sans doute quelque 3 millions de personnes réellement infectées dans le monde. En tenant compte du taux de létalité de 3,4%, certes discutable, postulé par l’OMS, cela signifierait déjà 102'000 morts annoncées, dont une partie ne sera sans doute pas attribuée à COVID-19, dans les pays où les infrastructures sanitaires sont débordées. En réalité, ces chiffres seront évidemment très largement dépassés, puisqu’aujourd’hui, la progression de l’épidémie n’a pu apparemment être contenue qu’en Chine.

    Dans tous les cas, le nombre de cas répertoriés chaque jour n'est pas un bon indicateur de la progression de la pandémie. Il dépend en effet du nombre de tests effectués. Celui des morts enregistrés est en revanche plus significatif, certes avec un temps de retard, et dans les pays où les malades gravement atteints peuvent être hospitalisés. Sous ce rapport, en proportion de sa population, l'Italie arrive aujourd’hui en tête, suivie de l'Espagne et de l'Iran (dont les chiffres paraissent sous-estimés). La Suisse les suit en 4place (avec 80 morts aujourd’hui), devant la France, la Hollande et le Royaume-Uni. La Chine n'est plus aujourd'hui qu'en 8position, talonnée par la Corée du Sud, les États-Unis et l'Allemagne…

    La Suisse a donc le triste privilège d'être dans le peloton de tête. À qui la faute ? Au refus de tester massivement la population, alors que Roche AG exporte 400'000 kits par semaine aux États-Unis depuis le 13 mars ; au refus de garantir la livraison massive de masques à toutes celles et ceux qui en auraient besoin – ils devraient être portés partout où « la distance sociale » peut difficilement être respectée (magasins, transports publics, etc.) ; mais aussi au retard pris dans la fermeture préventive des sites de formation et de loisir ; sans parler des lieux de travail non indispensables, que les autorités fédérales s’entêtent à laisser ouverts.

    Au cours de ces 5 derniers jours, du 17 au 22 mars, le nombre de morts a crû de 281% en Suisse et de 280% en France, contre 177% en Espagne, 124% en Italie, 28% en Corée du Sud et 1% en Chine. Certes, l’épidémie n’en est pas au même stade dans ces différents pays, et les États jusqu’ici les plus épargnés, qui ont souvent tardé à prendre des mesures drastiques, tendent à rattraper le peloton de tête, avec des taux exceptionnellement élevés : 467% en Hollande, 320% en Allemagne, 316% au Royaume-Uni et 309% aux États-Unis.

    De façon plus générale, l’apparition de nouveaux virus inconnus ou mutants est liée à la déforestation, au développement de méga-élevages industriels et, potentiellement, au dégel du permafrost. Leur diffusion suit aussi les lignes de crêtes de la mondialisation capitaliste – la Chine, le Corée du Sud, le Japon, l’Europe Occidentale, les États-Unis –, par le biais de la circulation accélérée des marchandises et des personnes. Avec la multiplication des catastrophes climatiques, les nouvelles pandémies annoncent l’impasse d’un ordre économique et social mortifère.

    Plus immédiatement, les chaînes de production internationalisées, la réduction systématique des stocks (just in time) – ceux des masques chirurgicaux! –, et l’insuffisance structurelle des débouchés (compression des salaires, des dépenses publiques et des investissements) expliquent l’extrême vulnérabilité du système économique actuel. En dirigeant une part croissante des richesses vers la spéculation financière, il accentue encore sa fragilité, puisque lorsque les Bourse.pngboursicoteurs cèdent à la panique, comme aujourd’hui, ils assèchent brutalement le crédit de «l’économie réelle». Sur le plan social, les coupes budgétaires qui ont touché partout de plein fouet les systèmes de santé, montrent enfin leur totale inhumanité et irrationalité face à la déferlante de COVID-19.

    N’est-il pas grand temps de laisser «la sagesse des fous», des anticapitalistes, prendre le dessus sur «la folie des sages», des néolibéraux de tous poils, comme le souhaitait déjà Jean Jaurès, il y a plus d’un siècle ?

  • COVID-19 ET LA RÉCESSION QUI VIENT

    Epidemie.pngLa crise économique et financière internationale qui s’annonce, dont le déclenchement (et non les causes) est lié à la pandémie du Covid-19, est très différente de celle de 2008, qui avait été péniblement surmontée par le transfert d’une montagne de dettes aux collectivités publiques, faisant pour un temps l’économie d’une amputation douloureuse des capacités de production excédentaires.

    Elle met cette fois-ci en évidence la fragilité de l’appareil productif d’un capitalisme de plus en plus sénile. La généralisation de chaînes d’approvisionnement mondialisées à flux tendu misant sur une augmentation sans fin de l’exploitation du travail, génère aujourd’hui des contradictions explosives : l’anémie généralisée des investissements et de la demande (39% des Américains disent aujourd’hui ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 400$).

    L’effondrement boursier en cours est impressionnant : durant ce dernier mois, les cours du pétrole ont chuté de 55% (bonne nouvelle pour la Chine, moins bonne pour les USA, dont le fracking devient trop cher), les principaux indices boursiers (Dow Jones, Nikkei, Cac40, Dax, SMI, etc.) ont accusé des pertes moyennes de 30 à 35%, le marché obligataire a aussi été atteint, et même l’or, valeur refuge par excellence, a accusé le coup (-8% en dollars US). Et ce n’est qu’un début.

    Le ralentissement de la production industrielle, lié à la pénurie de produits intermédiaires, au recul de la demande et aux mesures sanitaires adoptées, même insuffisantes, entre en résonance avec la paralysie de nombreux autres secteurs frappés plus immédiatement par la pandémie – transport aériens, tourisme, restauration, services à la personne. La semaine prochaine, 3 millions d’Américains vont pointer au chômage, et le PIB du pays pourrait reculer, selon les estimations, de 15 à 30%, sur une base annuelle, durant les 3 prochains mois. Bien entendu, les effets économiques de la pandémie dépendent de sa durée. Or sur ce point, les experts chinois, qui ont pourtant réussi pour le moment à contenir l’épidémie, ne sont guère optimistes : ils ne pensent pas que la reprise d’une activité normale soit envisageable avant l’automne prochain.

    Or, cette réaction en chaîne intervient sur un terrain déjà profondément miné par une demande structurellement insuffisante en raison d’une compression de longue durée des salaires et des transferts sociaux. Dans ce contexte, l’arme monétaire (baisse des taux et rachats d’actifs peu liquides) a de moins en moins d’effets. Certains financiers sont ainsi passés du jour au lendemain de l’euphorie à la panique : le chef économiste du Mitsubishi Financial Group écrit ainsi à ses clients : « Vendez tant que vous le pouvez, avant qu'ils ne ferment toute l'économie américaine ». Nous sommes à la veille de « la plus rapide récession de l'histoire. Avec plus personne pour dépenser quoi que ce soit pour une longue période » (Washington Post, 21 mars 2020).

    En réalité, COVID-19 n’est que le révélateur de l'extraordinaire fragilité d'un capitalisme sénile aux ordres d'une finance parasitaire, qui n'a cessé d'affaiblir les fondements de « l'économie réelle », la demande et l'investissement. Ce navire qui prend l’eau de toutes parts n’est pas du tout adapté pour naviguer par gros temps !