29/09/2011

L'empire suisse des Traders

La Déclaration de Berne, association suisse qui s’engage pour des relations Nord-Sud plus équitables, vient de publier ce mois « Swiss Trading SA », un ouvrage qui lève un coin de voile sur le négoce des matières premières en Suisse. Ce secteur peu transparent a connu un véritable boom ces dernières années. Les acteurs de cette « success-story » ne sont pourtant pas au-dessus de tout soupçon. Ils profitent des lacunes et de la complaisance du système helvétique pour engranger des profits faramineux, le plus souvent dans une opacité totale. Pour en savoir plus, je me suis entretenu avec Olivier Longchamp, responsable finance et fiscalité à la Déclaration de Berne et l’un des auteurs de ce livre. Un ouvrage édifiant, à lire sans plus attendre.


 

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21/08/2011

Hausse du franc suisse et misère en Europe de l’Est

La flambée du franc suisse par rapport à l’ensemble des autres devises pose aujourd’hui de très sérieux problèmes économiques et sociaux en Europe centrale et orientale. Dès 2004-2005, les consommateurs de ces pays ont en effet souscrit d’importants emprunts libellés en francs suisses, attirés par des taux d’intérêt particulièrement bas. Depuis lors, la revalorisation continue du franc a accru mécaniquement le montant de leurs dettes, en même temps que celui des intérêts qu’ils doivent servir.

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21/09/2009

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des

licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si insuffisants et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » est d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour un socialisme du 21e siècle doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet de société, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si mal adaptés et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » sera d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les principaux protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour une autre société doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.