25/05/2011

« Démocratie réelle tout de suite ! »

Aujourd'hui, à de rares exceptions près, c’est toujours le parti au pouvoir qui perd les élections en Europe : la CDU d’Angela Merkel en a fait la cuisante expérience en mars dernier, comme le PSOE de José Luis Zapatero tout récemment. Que ce soit les conservateurs ou les socialistes, ils appliquent en effet les mêmes politiques d’austérité qui visent à faire payer le sauvetage des banques à coup de dizaines de milliards par l’ensemble de la population (salariés, chômeurs, jeunes en formation, retraités, etc.). A défaut d’alternative, on parle d’alternance… Mais de qui se moque-t-on ?

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16/05/2011

DSK: le roi est nu

L’inculpation de Dominique Strauss-Kahn par la justice new-yorkaise pour tentative de viol avec séquestration jette une lumière crue sur les élections présidentielles françaises. Bien entendu, DSK bénéficie de la présomption d’innocence. A ce stade, nul ne peut même exclure qu’il ait été victime d’une machination. En réalité, aucun élément ne permet de se prononcer sur le fond de ce dossier. Le sondage sur sa culpabilité lancé aujourd’hui par la Tribune de Genève est ainsi de fort mauvais goût.

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11/05/2011

Mobilité douce? Une évidence

Nous voilà en pleine confusion. Même une solution de bon sens en matière de transports, de santé publique, de sécurité et de coûts sociaux est contestée par les tenants de la politique de l’autruche, qui ne veulent pas changer d’un iota leurs habitudes. A qui attribuent-ils les problèmes de mobilité ? A celles et ceux qui discutent la primauté absolue de l’automobile.

 

 

 

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02/05/2011

Les nouveaux seigneurs de la Suisse

Il y a trois ans, l’ancien directeur de l’Office statistique du canton de Zurich tirait à boulets rouges sur la « féodalisation de la Suisse ». Aujourd’hui, l’explosion des inégalités confirme son diagnostic.

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19/04/2011

UDC et partis bourgeois contre le personnel de vente

Ce 14 avril, le Conseil national a approuvé une motion du libéral-radical zurichois Markus Hutter, déposée le 25 septembre 2009, demandant que les heures d’ouverture des magasins dans les cantons échappent aux dispositions actuelles de la Loi fédérale sur le travail (Ltr). L’UDC a voté massivement pour. L’ensemble des salariés sont dans le collimateur.

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18:21 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2011

Un hold-up de 7 à 10 milliards

En février 2008, les électeurs-trices suisses étaient appelés à se prononcer sur la 2e réforme de l’imposition des entreprises. Celle-ci a été adoptée de justesse par le peuple et est entrée en vigueur le 1er janvier 2011. Contre toute attente, elle devrait faire perdre quelque 1,2 milliard de recettes aux collectivités publiques cette année, et 7 milliards sur dix ans.

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11/12/2010

AVS Plus: Les non-dits de l'Union Syndicale Suisse

Le 1er octobre dernier, une majorité des Chambres rejetait la 2e mouture de la 11e révision de l’AVS (déjà refusée par le peuple en 2004). Face à ce nouvel échec, le Conseil fédéral annonçait le 3 décembre qu’il se donnait l’année 2011 pour négocier un nouveau « compromis » avec les partis et les « partenaires sociaux », et qu’il proposait dans l’immédiat une 11e révision purement « technique ». Le même jour, l’USS rendait public les grandes lignes de son projet AVSplus. Pourtant une question reste dans l'ombre: l'avenir du financement.

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01/12/2009

Pour lutter contre l’islamophobie, il faut attaquer le mal à la racine

Le vote majoritaire des électrices et des électeurs suisses du 29 novembre dernier en faveur de l’initiative anti-minarets est un résultat d’une extrême gravité. Le fait qu’il émane d’une consultation populaire est en effet particulièrement inquiétant, puisqu’elle mesure effectivement la progression de la xénophobie et du racisme parmi nous.

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27/11/2009

La LHOM ne passera pas: au centre l'humain!

Ces prochains jours, le Grand Conseil genevois sera saisi d’un projet de loi de L’Entente (partis bourgeois) en faveur de l’ouverture prolongée des magasins – tous les jours jusqu’à 20h., le samedi jusqu’à 19h., et le dimanche quatre fois par an. Une mesure extrêmement brutale pour les 20 000 salarié-e-s du commerce de détail, mais aussi un appel à la flexibilisation du travail dans tous les autres secteurs… «Au centre l’humain…», clame pourtant le PDC, dont le Conseiller d’Etat Pierre-François Unger est à la manœuvre.

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10/10/2009

Annemasse Genève, c'est pas un rêve!

Le message de la manif de jeudi contre le racisme anti-frontaliers a été reçu 5 sur 5 à Annemasse.

Un groupe de rap a même composé une chanson sur ce thème...

" Genève Annemasse tous en masse

Annemasse Genève, c'est pas un rêve

Genève Annemasses, c'est là qu'ça s'passe

Annemasse Genève, la trêve! "

On peut l'écouter sur:

http://www.tdg.ch/videos-sons/annemageneve-reve

Merci à vous...

Et si on commençait à se défendre ensemble?

 

08/10/2009

Tous à la place Neuve à 18h. Ensemble nous sommes forts!

Dans un livre de 2002, intitulé « Sur la frontière », le militant anticolonialiste israélien Michel Warschawski note que « le frontalier est celui dont l’identité se forge dans l’échange, dans une interaction permanente avec ses voisins. C’est une identité plurielle, perméable, métissée. Il vit sur la frontière, mais il n’aime pas les frontières qui sont pour lui un obstacle à franchir, une limite à transgresser ».

Les habitants de l’agglomération franco-valdo-genevoise sont tous des frontaliers ! Ils sont plus nombreux chaque jour à franchir les frontières du canton de Genève, que celui-ci ne compte de résidents ! Un tiers vient des communes vaudoises limitrophes, deux tiers de la Haute-Savoie et de l’Ain. Près de 30’000 Suisses résident aussi en France voisine ; les Français établis à Genève sont moins nombreux.

Mais il n’y a pas que des Suisses et des Français à habiter et à travailler dans l’agglomération. Cette frontière en cache bien d’autres, qui multiplient les statuts des salariés à l’infini : celle qui sépare les ressortissants de l’UE et assimilés des non Européens ; les permis de longue durée des permis de courte durée ; les bénéficiaires d’un statut légal des autres ; les salariés en emploi des chômeurs et des précaires, etc.

Nous l’avons rappelé : frontalier vient du provençal « frountalié », qui signifie voisin. Nous habitons la même maison, le même quartier, la même agglomération ! Nous partageons les mêmes problèmes : le dumping salarial, la précarité, le chômage ; les transports publics sous-développés, les embouteillages et la pollution ; la spéculation immobilière et l’insuffisance de logements bon marché de qualité ; le démantèlement de la protection sociale et des services publics, notamment les hôpitaux et la Poste, etc.

Nous refusons de nous soumettre aux intérêts de ceux qui détiennent l’essentiel des richesses des deux côtés de la frontière et spéculent sur notre travail, nos logements et nos vies ! Nous refusons de nous laisser monter les uns contre les autres par une extrême droite populiste qui ne vise qu’à nous diviser ! Nous refusons la construction d’un nouveau Mur, un mur de haine, au cœur de notre agglomération, qui dresserait les habitants et les salariés les uns contre les autres ! Le monde en compte déjà assez !

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des travailleurs, des usagers des services publics, des locataires, des habitants, femmes et hommes, de toute la région, à lutter ensemble contre les inégalités :

1.     A travail égal, salaire égal ! Pour un salaire minimum légal en Suisse et une revalorisation du SMIG en France !

2.     Non aux licenciements, en particulier dans les entreprises qui font des bénéfices ; non aux fermetures et aux délocalisations par-dessus les frontières !

3.     Pour la création d’emplois publics qui répondent aux besoins sociaux et écologiques de la région (hôpitaux, enseignement, services postaux, isolation des bâtiments, etc.).

4.     Pour un réseau de transports publics efficace et non polluant permettant une réduction massive du trafic motorisé privé à l’échelle de toute l’agglomération !

5.     Pour une politique d’aménagement du territoire visant la construction de logements bon marché de qualité et qui permette de rapprocher chacun de son lieu de travail.

6.     Pour une politique culturelle populaire qui favorise les échanges et les complicités à l’échelle de toute l’agglomération.

Cette manifestation est une première. Elle entend réagir aux provocations haineuses du MCG et de l’UDC. Mais elle propose aussi de construire ensemble, des deux côtés de la frontière, des réponses communes à la crise et aux politiques antisociales de nos autorités.

Nous sommes tous et toutes des frontaliers, retraités, travailleurs, usagers des services publics, jeunes en formation !

Contre la xénophobie et racisme qui nous divisent, défendons nos intérêts pour construire ensemble notre destin commun !

16:11 Publié dans Région | Tags : xénophobie, racisme | Lien permanent | Commentaires (3)

07/10/2009

Fallait-il publier le brûlot raciste de l'UDC?

Je ne suis favorable à l'interdiction de la diffusion d'opinions franchement racistes et haineuses qu'en dernier recours. Mais cela n'implique pas pour autant qu'il faille adopter une attitude de laisser faire. Au contraire, tout doit être mis en oeuvre pour les combattre, les isoler et les marginaliser, ne serait-ce que parce qu'elles blessent les personnes ciblées et peuvent même inciter certains individus racistes à des comportements violents... 
Par exemple, il me paraît juste de refuser d'exposer cette propagande sur des supports qui dépendent directement des pouvoirs publics. Il me semble donc légitime qu'une commune ou un canton n'accepte pas le collage d'une affiche raciste sur des panneaux réservés. Le même raisonnement vaut pour des entreprises subventionnées, comme les TPG, etc.
A Bâle, les autorités ont ainsi refusé l'affiche des partisans de l'initiative anti-minarets, qu'ils devront apposer sur des emplacement privés nettement plus chers. Tant mieux! Les contribuables bâlois n'ont pas à subventionner une campagne raciste. J'espère que Genève et Lausanne en feront de même! Il faudra pourtant continuer à dénoncer cette affiche et, qui sait, certains d'entre nous ne résisteront pas à l'envie de la caviarder...
Dans ce sens, la rédaction d'un quotidien attaché aux valeurs démocratiques devrait aussi, me semble-t-il, refuser d'ouvrir ses colonnes, même contre paiement, à une propagande nauséabonde, comme celle publiée par l'UDC contre la soi-disant "racaille d'Annemasse". Dans cette affaire, la décision du rédacteur-en-chef de la TdG me paraît donc indéfendable. Les abonnés et les lecteurs de la TdG ne veulent pas manger de ce pain-là, et ils-elles sont nombreux aujourd'hui à le faire savoir haut et fort.
Le fait qu'une collectivité publique, une grande régie, un quotidien, etc. refusent de prêter la main à une campagne raciste visant directement, respectivement une partie de ses habitants, de ses travailleurs ou lecteurs... en fonction de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur orientation sexuelle, me paraît tout à fait légitime: il témoigne seulement de l'engagement quotidien que l'on est en droit d'attendre d'eux pour la défense des droits humains.

13:44 Publié dans Genève | Tags : racisme, frontaliers, udc | Lien permanent | Commentaires (9)

Pour défendre nos droits populaires, il faut voter pour la Liste n° 4

Aujourd’hui, David Haeberli, responsable de la rubrique « Genève actualité » de la TdG, plaide pour une « réévaluation du quorum ». Il évoque ainsi la possibilité d’une élévation de celui-ci à 10%, comme à Neuchâtel. Aujourd'hui, ce nouveau seuil pourrait éliminer les listes du Parti radical, du PDC, de solidaritéS et du PdT, du MCG et de l’UDC... Ne resteraient en lice que les Libéraux, le PS et les Verts, les deux derniers n’ayant plus qu’à fusionner pour constituer un grand pôle « démocrate » à l’américaine ou à l’italienne, face à un pôle « républicain » ou conservateur. Sans crier gare, nous serions ainsi passés d’un scrutin proportionnel tempéré à un scrutin quasi-majoritaire…

Mais pour achever cette régression de nos droits politiques, il serait certainement nécessaire de restreindre aussi les droits d’initiative et de référendum cantonaux, grâce à une élévation du nombre de signatures requis ou une réduction de la durée autorisée de récolte (il en est question). En effet, en excluant de la répartition des sièges, non plus 15% des suffrages de la gauche conséquente, comme en 2005, mais 40 à 50% de l’ensemble des voix, vous ne leur laisseriez que ces seuls moyens (sans parler des manifestations de rue) pour faire valoir leurs positions en contestant les décisions dès lors fort peu représentatives du parlement…

En 1985, le Tribunal Fédéral avait jugé que le quorum neuchâtelois de 10% frisait le code dans le cadre du scrutin proportionnel. Ce seuil élevé est cependant nuancé par la possibilité, pour les listes qui ne l’atteignent pas, de donner leurs voix, le cas échéant, aux partis avec lesquels elles sont apparentées, ce qui n’est pas le cas à Genève. Par ailleurs, plusieurs cantons suisses, et non des moindres, dont Zurich, Shaffhouse, l’Argovie, le Tessin, et le Jura… n’ont aucun quorum, ce qui représente sans aucun doute le système le plus démocratique. Et lorsqu’il en existe un, il est généralement inférieur à celui de Genève (par ex., 5% dans le canton de Vaud). En effet, pour qu’un parlement puisse prétendre représenter le corps électoral, il ne doit pas exclure a priori de ses rangs les opinions minoritaires (7% du corps électoral genevois, cela représente tout de même déjà plus de 16000 électeurs et électrices potentiels).

A une époque où tout le monde se gargarise de « démocratie participative », et où même les Libéraux parlent – à la veille des élections, il est vrai – « d’urbanisme participatif », n’acceptons pas l’amputation de nos droits populaires. 

05/10/2009

Racisme anti-frontaliers, ça suffit! Manifestons le 8 octobre...

L'UDC tremble pour son quorum, cela ne peut que nous réjouir!

Jusqu'ici, le parti de Blocher l'avait joué plutôt "bon chic bon genre"... pour séduire l'Entente et rompre avec son image raciste la plus nauséabonde. Le but de l'UDC n'est-il pas avant tout de bétonner les politiques antisociales les plus extrêmes... 

Mais les masques sont tombés: la campagne du MCG, qui menace aujourd'hui de capter son électorat, pousse les partisans d'Yves Nydegger à la surenchère clairement fascisante... 

Ne nous laissons pas manipuler par ces jusqu'au-boutistes de la haine!

Pas une voix pour l'UDC et le MCG! La racaille, c'est eux!

Toutes et tous à la Place Neuve pour manifester contre le racisme anti-frontaliers, le 8 octobre à 18h. Nous marcherons en direction de la Gare des Eaux-Vives, trait d'union entre Genève et les communes françaises frontalières de Haute-Savoie.

Cette manifestation est soutenue par solidaritéS, la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), UNIA, le Cartel intersyndical de la fonction publique, le SSP-VPOD, la Société Pédagogique Genevoise (SPG), le Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT), le Groupement transfrontalier européen, le Parti du Travail (PdT), le Parti socialiste (PSG), Acor-SOS Racisme, le Centre de contact Suisses-Immigrés (CCSI), Mesemrom, NPA-74, United Black Sheep (UBS), MPS... et la liste n'est pas close.

14:32 Publié dans Genève | Tags : racisme, udc, mcg, frontaliers | Lien permanent | Commentaires (10)

21/09/2009

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si mal adaptés et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » sera d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les principaux protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour une autre société doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

Répondre à une crise de civilisation…

Comme je le relevais dans un précédent commentaire, contrairement à de nombreuses analyses superficielles, la reprise n’est pas pour demain. La masse salariale des principaux pays continue à diminuer (stagnation des salaires, montée du chômage partiel et des

licenciements), même si les revenus disponibles sont provisoirement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. Par le biais du commerce international, ces mesures favorisent les économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse (classée au premier rang mondial par le WEF). Il est même possible qu’elles préviennent la transformation de la récession actuelle en véritable dépression.

Pourtant, le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer. Et pour qu’une reprise sérieuse se confirme, l’investissement et la demande de biens de consommation devront prendre le relais, ce qui semble exclu dans l’immédiat. En effet, les ressorts de la phase d’expansion précédente sont brisés, notamment l’endettement des ménages américains et les investissements asiatiques dans les secteurs d’exportations. De façon plus générale, la consommation n’est pas au rendez-vous, en raison de la montée du chômage et du blocage des salaires. La demande globale restera donc en panne, déterminant une récession longue et une reprise timide sur plusieurs années.

Comment dès lors sortir de la crise? «Le but du développement durable, affirme David Hiler dans « Le Courrier » du 19 septembre, c’est d’avoir (…) une croissance qui produit moins de CO2 et qui utilise moins d’énergie». C’est le sens du Green Deal que défendent aujourd’hui de larges secteurs du monde capitaliste, avec ses nouveaux champs d’investissement prometteurs, même si insuffisants et potentiellement dangereux (j’y reviendrai dans une prochaine note). C’est aussi l’alpha et l’oméga des programmes des partis verts, qui ne prennent pas sérieusement en compte la gravité de la crise environnementale en cours.

Car en effet, la survie de larges secteurs de l’humanité est menacée, en particulier dans les pays du tiers-monde, par la fréquence accrue et l’aggravation des inondations et des sécheresses qui frappent des systèmes agricoles déjà fragilisés du fait des politiques ultra-libérales de l’OMC. Si bien que le Green Deal capitaliste s’accompagnera de plus en plus d’une gestion militaro-policière des crises, pour faire face à la détresse croissante des populations sacrifiées aux catastrophes écologiques à venir. La politique du « gros bâton » est d’ailleurs aussi à l’agenda des pays riches: il n’est qu’à songer aux dizaines de millions de salarié-e-s exclus et paupérisés, jeunes en particulier, contre lesquels se préparent des conditions de répression et d’internement expéditives, sur fond de montée du racisme, de l’autoritarisme et des sentiments sécuritaires.

Cependant la confrontation sociale et politique des « propriétaires » de ce monde avec celle et ceux qui ne vivent que de leur travail se complique... Désormais, un troisième acteur a fait son apparition: la nature. Cette dernière s’invite sur le terrain des luttes sociales avec ses propres exigences, auxquelles les protagonistes devront donner des réponses immédiates. Les questions environnementales ne sont dès lors plus le seul enjeu d'une transformation sociale à venir, mais celui du combat de tous les jours pour la défense des conditions de vie, voire de survie, de larges secteurs de l’humanité. La lutte pour un socialisme du 21e siècle doit intégrer cette dimension, non seulement comme projet de société, mais aussi comme pratique quotidienne.

 

18/09/2009

Saint-Gervais : il est encore temps de voter NON !

Dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui, un membre du précédent Conseil de fondation de Saint-Gervais, Bernard Zumthor, plaide pour le NON à la diminution de 1,1 million de la subvention à cette institution. Il rappelle qu’en cas de victoire du OUI, le Centre pour l’image contemporaine (CIC) serait condamné sans appel et que le théâtre ne serait toujours pas assuré d’un avenir.

Plus surprenant, le délégué d’« A Gauche Toute! » au sein du Conseil de fondation plaide… pour le OUI, alors que son groupe défend le NON, que l’AVIVO, sous les couleurs de laquelle il briguait une place à la Constituante, appelle à voter NON, et que la liste de Christian Grobet, qu’il a ralliée pour le Grand Conseil, plaide aussi pour le NON. Voilà donc un homme qui change d’avis bien souvent…

Que se passe-t-il en réalité ? Depuis la mi-août, sous la pression du référendum, le Chef du Département de la culture, Patrice Mugny, et ses représentants au sein du Conseil de fondation, ont lancé une opération charme de dernière minute pour convaincre les électeurs-trices de leurs bonnes intentions. But de la manœuvre : assurer à Philippe Macasdar, qui se sent menacé à court terme, un dernier sursis jusqu’en juin 2012, ainsi que la responsabilité à court terme de toute la maison (mais pas avec un centime de plus que la dotation actuelle du théâtre), en échange de son soutien au OUI !

Ainsi cette fondation de droit privé, réputée tout à fait indépendante du Département de la culture, a-t-elle soudainement entonné ce nouveau refrain lors de sa conférence de presse du 8 septembre, à laquelle participait… Philippe Macasdar. Ne lui jetons pas la pierre : il a sauvé son poste et son théâtre pour deux saisons de plus et espère transformer l’essai dans le peu de temps qu’il lui est imparti… Il sera cependant en bien meilleure posture pour le faire en cas de victoire du NON ! Raison pour laquelle les amis du CIC, les amis du théâtre, en somme les amis de Saint-Gervais, doivent voter NON au 1er objet de la votation municipale du 27 septembre.

 

13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.

04/09/2009

OMC: une falsification qui en dit long

L'extension du bâtiment de l'OMC, sur les rives du lac, et le bradage d'une partie d'un magnifique parc public apparaît aujourd'hui comme la grande cause commune des partis représentés au Grand Conseil genevois, soutenus par les élus et les autorités fédérales. Les socialistes et les verts occupent même le devant de la scène, poussés en avant par leurs alliés de circonstance, pour faire avaler cette pilule inhabituelle à leur électorat. Même le pape de la dérégulation commerciale internationale, le "socialiste" français Pascal Lamy, est descendu dans l'arène. Pourtant, l'ensemble de l'opération est orchestré et financé par la Fédération des entreprises romandes, qui a mandaté une agence de "com" pour labourer l’opinion. N'y a-t-il pas jusqu'ici déjà assez de sujets d'étonnement...?

Non. Il se trouve que l'extension prévue du bâtiment, contrairement à la photo distribuée urbi et orbi par les défenseurs du projet, a été volontairement truquée. Les arbres qui devront être supprimés ont été effacés de la photo qui couvre la première page du "tous ménages" envoyé à la population. Et jusqu’à mercredi, Martine Brunschwig Graf et Pascal Lamy traitaient sur les ondes Pierre Vanek de menteur, lorsque celui-ci évoquait cet abattage. Quand il s'agit de vendre un produit, tout le monde sait que la pub ment et que les images sont systématiquement retravaillées. Mais de là à polluer un débat démocratique avec les mêmes moyens... On en reste confondu.

Dernière surprise… Que la représentante de la Fédération des entreprises romandes réagisse avec plus de fair play que la conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno. La première regrette l’incident, annonce la destruction de ce matériel et la publication de rectificatifs dans les médias, tandis que la seconde nous explique laborieusement que ces « charmilles » ont déjà été partiellement coupées et qu’elles n’appartiennent pas au patrimoine végétal important du parc.

Cet incident serait sans grande importance, s’il n’était pas le symptôme d’une dérive préoccupante des mœurs politiques. Dès lors que la « com » prend le pas sur le débat d’opinions, tous les coups sont permis. Et à ce jeu-là, certains pensent déjà qu’il suffit de payer cher pour construire un univers virtuel et le décréter réel. L’URSS de Staline effaçait les opposants des anciennes photos officielles. Songeons à l’avenir radieux qui s’ouvre aux falsificatuers à l’ère du numérique, si la population et l’ensemble des forces politiques ne condamnent pas sans appel de tels procédés.

P.S. Pour répondre à l'un de mes contradicteurs qui vente les mérites de la libéralisation des échanges pour les pays du Sud, voici l'évolution des cours des principaux produits agricoles exportés par le Sud entre 1980 et 2001.

 

Cours.jpg

 

 

 

11/05/2009

Non au passeport biométrique et aux dérives autoritaires

Le projet de passeport et de banque de données biométriques est soumis au vote populaire ce 17 mai prochain. N’oubliez pas d’aller voter NON à cet arrêté liberticide en refusant plus fondamentalement le projet de société qu’il incarne.

En prétendant répondre aux exigences des accords de Schengen, auxquels la Suisse a souscrit, le projet du Conseil fédéral, élaboré par les services de Blocher et de Widmer-Schlumpf, va en réalité beaucoup plus loin. Non seulement le passeport biométrique, muni d’une puce RFID contenant une photo portrait, des empreintes digitales, et demain d’autres renseignements (scan de l’iris, voix, etc.), sera imposé à tout le monde, mais il en sera de même de la carte d’identité (même si le Conseil fédéral fait mine pour la votation de renoncer à cette exigence). Surtout, l’ensemble des renseignements ainsi collectés seront centralisés dans une banque de données fédérale. Le Big Brother d’Orwell n’aurait jamais rêvé d’un tel outil…

Condamner des excès ou refuser une logique?

L’argumentaire des verts et des socialistes condamne les excès de Berne. Il ne discute pas la nécessité d’un passeport biométrique (Schengen oblige), mais refuse une carte d’identité sur le même modèle, et bien sûr la constitution d’un fichier central contenant ces données sensibles. Cette option a en effet été rejetée par la majorité des pays, en particulier par l’Allemagne. Entre-temps, l’UDC s’est aussi prononcée contre l’arrêté soumis au vote, invoquant aussi les compétences nouvelles que s’arroge le Conseil fédéral et le prix élevé de ces nouveaux documents d’identité. La Fondation alémanique des consommateurs appelle également à voter NON.

La campagne des opposants invoque d’autres arguments encore. Par exemple, des autorités étrangères et des compagnies privées (comme les voyagistes) pourraient être autorisés à saisir des informations personnelles concernant des citoyens suisses. Enfin, la technologie RFID n’est pas à l’abri de fraudes: risques embarrassants de «faux rejets» lors de contrôles rapides aux frontières, lecture de données personnelles par des tiers non autorisés, contrefaçons possibles, etc.

Big Brother a une longue histoire...

Pourtant, l’essentiel est ailleurs. Il renvoie aux formes que prend le pouvoir souverain de l’Etat moderne sur la population, ce que l’historien français Michel Foucault a appelé le biopouvoir, une discipline systématique des corps et des âmes, imposée en Europe dès le 17e, mais surtout au 18e siècle et au-delà. En réalité, l’Etat ne se contente plus de surveiller la société, il s’efforce de la rendre lisible en l’enregistrant minutieusement pour mieux l’étreindre (impôt, conscription, répression, etc.). La numérotation des immeubles des quartiers populaires au 19e siècle, qui a suscité de vives résistances, participe aussi de cet effort.

Sous ce rapport, le contrôle de la circulation de la main d’œuvre est l’une des mesures les plus importantes développées par l’Etat moderne. La généralisation des dispositions contre le vagabondage le prépare. Elle suscite l’essor de documents administratifs obligatoires: passeports, laissez-passer, sauf-conduits, lettres de recommandation, etc. Pour cette raison, les révolutionnaires français revendiqueront l’abolition des passeports et placeront la liberté de circuler parmi les droits naturels. En 1791, le premier «droit civil et naturel» sanctionné par la Constitution est celui «d’aller, de rester, de partir». L’Assemblée abolit même l’usage des passeports pour la population française, même si la guerre civile et aux frontières ne permettra pas l’application durable de cette décision.

Enregistrés comme des criminels…

En 1803, en réintroduisant le «livret ouvrier», Napoléon donne un coup d’arrêt à la libre circulation, renouant ainsi avec les pratiques de l’Ancien Régime. Celles-ci vont se généraliser à l’échelle internationale, dès la fin du 19e siècle, afin de mieux contrôler les étrangers. Des documents d’identité de plus en plus sophistiqués, inspirés des techniques d’identification criminelle, sont dès lors imposés aux migrants: délivrance de «carnets de nomades» aux Roms, enregistrement des travailleurs étrangers au moyen des techniques de Bertillon (mesures de nombreux paramètres corporels), puis des empreintes digitales, obligation faite aux Chinois d’Amérique de porter un certificat muni pour la première fois de photos d’identité, etc.

La généralisation inquiétante de l’application des techniques d’identification criminelle – photographies, empreintes digitales, scans de l’iris, empreintes génétiques, etc. – à l’ensemble des citoyennes et des citoyens, soi-disant pour mieux leur garantir la protection de l’Etat, semble donner corps aujourd’hui à de telles inquiétudes. Au seuil d’une crise généralisée du capitalisme qui voit se multiplier les dérives autoritaires (il n’y a qu’à observer la surenchère sécuritaire à laquelle les radicaux et le MCG se livrent actuellement à Genève), nous aurions tort de ne pas prendre ces dangers très au sérieux.

Jean Batou

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