29/09/2011

L'empire suisse des Traders

La Déclaration de Berne, association suisse qui s’engage pour des relations Nord-Sud plus équitables, vient de publier ce mois « Swiss Trading SA », un ouvrage qui lève un coin de voile sur le négoce des matières premières en Suisse. Ce secteur peu transparent a connu un véritable boom ces dernières années. Les acteurs de cette « success-story » ne sont pourtant pas au-dessus de tout soupçon. Ils profitent des lacunes et de la complaisance du système helvétique pour engranger des profits faramineux, le plus souvent dans une opacité totale. Pour en savoir plus, je me suis entretenu avec Olivier Longchamp, responsable finance et fiscalité à la Déclaration de Berne et l’un des auteurs de ce livre. Un ouvrage édifiant, à lire sans plus attendre.


 

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09/08/2011

Plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ?

Au moment où la crise financière du capitalisme atteint des proportions effrayantes, menaçant de précipiter le monde dans une dépression sans issue, les gouvernements paraissent largement démunis en raison d’un niveau d’endettement colossal et de taux d’intérêt pratiquement nuls, qu’il paraît impossible de réduire encore. Pour sortir de l’impasse, nous ne pouvons plus nous contenter d’expédients : il faut avoir l’audace de penser un changement de civilisation.

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28/06/2011

Bien-être et pouvoir d’achat en Suisse

Depuis 2006, le Crédit suisse compare périodiquement le « revenu librement disponible » (RDI ou Regional Disposable Income) d’une série de ménages types pour 2700 communes de Suisse. La grande banque s’intéresse à leurs ressources, après paiement du loyer, des charges locatives (pour les propriétaires), des impôts, des primes d’assurances sociales (y compris le 2e pilier) et, pour 2011, des coûts de transport. Sur un revenu brut moyen de 109'000 francs par an pour un foyer suisse type de 2,2 personnes, le RDI représenterait ainsi 57'690 francs, soit 53% du total. Et en partant de cet indicateur, Genève, et en particulier la Ville, seraient les lanternes rouges du pays. Mais ce type d’indices ne nous induit-il pas en erreur sur le bien-être réel des populations ?

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13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.