13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.