24/10/2011

Conseil National 2011: pronostics et résultats

Mes pronostics de samedi dernier n'étaient pas très éloignés de la réalité...

Je disais:

- "A droite, les libéraux-radicaux risquent de perdre un siège"... Ils l'ont perdu.

- "L’UDC devrait se maintenir"... Elle a gardé ses deux sièges de justesse.

- "Le MCG n'est pas garanti de rentrer au Conseil National"... Il y rentre avec un seul siège et 9,79% des suffrages, soit avec moins de 1,5% de plus de ce qui était le minimum nécessaire. C'est donc un peu plus que ce que je pensais, mais loin d'un raz-de-marée!

- "Si la gauche gagne un siège aux dépens de l’Entente, et que la droite devient ainsi minoritaire, le PSG pourrait conserver ses trois sièges, les Verts leurs deux sièges, tandis qu'Ensemble à Gauche en regagnerait un"... Le PS et les Verts ont bien gardé leurs sièges, mais Ensemble à Gauche manque le sien de 1,2%.

En résumé: j'ai sous-estimé le résultat du MCG de 1,5% et surestimé celui d'Ensemble à Gauche de 1,2%. Pour le reste, je suis dans la cible. Pas si mal, après tout!

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13/10/2011

Pour une représentation de la gauche conséquente à Berne

Au cours de ces derniers jours, les électrices et électeurs de notre canton ont reçu leur matériel électoral pour le scrutin fédéral du 23 octobre. Il nous reste encore une grosse semaine pour voter. Or, afin d'assurer une représentation de la gauche conséquente à Berne, il est nécessaire de rassembler le plus grand nombre possible de suffrages sur l’une des deux listes 4 ou 16 - Ensemble à Gauche, qui sont sous-apparentées. En effet, leurs suffrages s’additionnent pour l’obtention d’un siège au Conseil National, qui marquerait aussi un premier pas vers le retour de la gauche de la gauche au Grand Conseil genevois. Nous en avons toutes et tous besoin pour résister à l'offensive antisociale de l'Entente, soutenue par l'UDC, et bien souvent par le MCG.

Votons pour les listes 4 et 16, Ensemble à gauche!

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19/06/2011

Genève, une démocratie en «liberté surveillée»?

Les périodes de crise poussent souvent les gouvernements à répondre à la protestation populaire par la restriction des libertés. Même les démocraties représentatives les plus stables et les plus anciennes peuvent céder alors aux sirènes de l’autoritarisme. C'est ainsi que le Grand Conseil de Genève vient d’adopter un projet de loi limitant le droit de manifester.

Il y 79 ans, six semaines après la fusillade du 9 novembre 1932, qui avait fait 13 morts et une centaine de blessés, la même institution avait déjà tenté de restreindre le droit de réunion et de manifestation. Mal lui en prit, puisqu’elle fut retoquée par le peuple, le 1er octobre 1933.

Un référendum va être lancé ces prochains jours contre les nouvelles dispositions liberticides édictées par l'actuelle majorité réactionnaire du Grand Conseil. Signons-le massivement pour défendre nos droits.

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09/06/2011

Genève, un Etat providence pour la finance internationale ?

Débat ce soir, à 20h.15, à l’Université Ouvrière de Genève (pl. des Grottes), avec la participation d’Olivier Longchamp, chercheur lausannois et responsable « finance » de la Déclaration de Berne. Il va publier un livre sur le commerce des matières premières en Suisse (à paraître en septembre). Org. Bimensuel solidaritéS.

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18/09/2009

Saint-Gervais : il est encore temps de voter NON !

Dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui, un membre du précédent Conseil de fondation de Saint-Gervais, Bernard Zumthor, plaide pour le NON à la diminution de 1,1 million de la subvention à cette institution. Il rappelle qu’en cas de victoire du OUI, le Centre pour l’image contemporaine (CIC) serait condamné sans appel et que le théâtre ne serait toujours pas assuré d’un avenir.

Plus surprenant, le délégué d’« A Gauche Toute! » au sein du Conseil de fondation plaide… pour le OUI, alors que son groupe défend le NON, que l’AVIVO, sous les couleurs de laquelle il briguait une place à la Constituante, appelle à voter NON, et que la liste de Christian Grobet, qu’il a ralliée pour le Grand Conseil, plaide aussi pour le NON. Voilà donc un homme qui change d’avis bien souvent…

Que se passe-t-il en réalité ? Depuis la mi-août, sous la pression du référendum, le Chef du Département de la culture, Patrice Mugny, et ses représentants au sein du Conseil de fondation, ont lancé une opération charme de dernière minute pour convaincre les électeurs-trices de leurs bonnes intentions. But de la manœuvre : assurer à Philippe Macasdar, qui se sent menacé à court terme, un dernier sursis jusqu’en juin 2012, ainsi que la responsabilité à court terme de toute la maison (mais pas avec un centime de plus que la dotation actuelle du théâtre), en échange de son soutien au OUI !

Ainsi cette fondation de droit privé, réputée tout à fait indépendante du Département de la culture, a-t-elle soudainement entonné ce nouveau refrain lors de sa conférence de presse du 8 septembre, à laquelle participait… Philippe Macasdar. Ne lui jetons pas la pierre : il a sauvé son poste et son théâtre pour deux saisons de plus et espère transformer l’essai dans le peu de temps qu’il lui est imparti… Il sera cependant en bien meilleure posture pour le faire en cas de victoire du NON ! Raison pour laquelle les amis du CIC, les amis du théâtre, en somme les amis de Saint-Gervais, doivent voter NON au 1er objet de la votation municipale du 27 septembre.

 

13/09/2009

Le gros de la crise est devant nous : votez NON à la LIPP le 27 septembre !

Le deuxième trimestre 2009 a été indiscutablement moins mauvais pour l’économie mondiale que les deux trimestres précédents. Il n’en a pas fallu plus pour que nombre d’analystes et une bonne partie des médias pronostiquent sans sourciller la reprise imminente. Et pourtant, de toute évidence, ce léger mieux ne peut nourrir aucune illusion : le gros de la crise est encore devant nous.

L’accalmie relative résulte de taux d’intérêts extrêmement bas : 0,5% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse, 1% dans la zone euro, soit 4 à 10 fois moins qu’il y a un an… Mais surtout, de l’injection massive de crédits publics dans l’économie. Le déficit budgétaire des Etats-Unis a ainsi atteint 11% du PIB (du jamais vu en temps de paix). Selon la Banque des règlements internationaux, les seuls plans de relance mis en œuvre à l’échelle planétaire représentent aujourd’hui 3500 milliards de dollars…

Pourtant, la masse salariale distribuée continue à diminuer dans la plupart des pays (stagnation des salaires et montée en flèche du chômage partiel et du chômage sec), même si les revenus disponibles sont largement dopés par l’intervention massive des pouvoirs publics. L’exemple le plus frappant est la « prime à la casse » (jusqu’à 4500 $ pour une vieille voiture aux Etats-Unis) qui a provisoirement relancé la demande automobile. La plus mauvaise option sur le plan écologique ! Par le biais du commerce international, ces mesures de relance favorisent les entreprises des économies les plus compétitives, dont celle de la Suisse.

Mais le maintien de dépenses publiques à une telle hauteur ne peut pas durer bien longtemps. Ainsi, comme le reconnaît la Barclay’s Capital : afin de ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, l’hexagone devrait y consacrer 40 à 50 milliards d’euros par an, soit la totalité de ses impôts sur le revenu. A un moment donné, dans une économie libérale, ce seront l’investissement et la consommation privés qui devront donc obligatoirement prendre le relais, aggravant à leur tour la crise globale de l'environnement. Cependant, rien n’indique que cela soit envisageable dans un proche avenir.

Le plus probable, selon moi, c’est ainsi un nouveau plongeon de l’économie mondiale dans la récession. En effet, la demande salariale des pays industrialisés ne sera pas rapidement au rendez-vous en raison de la montée du chômage et du blocage des rémunérations, et l’investissement ne pourra par conséquent pas reprendre durablement. Ainsi, même si la Chine maintient un taux de croissance respectable, elle le devra à sa demande intérieure, ce qui ralentira d’autant ses importations. La demande solvable planétaire restera donc en panne !

Dans un tel contexte, le choix de mon ami David Hiler de proposer une nouvelle baisse des recettes fiscales genevoises d'au moins 411 millions par an d’ici 2012 (plus 107 millions pour les communes), qui profitera essentiellement aux privilégiés, après les précédentes réductions de plus de 500 millions par an depuis 2000, est une option inacceptable. Elle va nécessairement provoquer une flambée de la dette cantonale, nécessitant de nouvelles coupes dans les dépenses publiques… Je vous laisse en imaginer les conséquences sociales ! Voilà la raison pour laquelle il faut absolument voter NON à la LIPP le 27 septembre prochain.

10/05/2009

Défendre le maintien du jury populaire: un enjeu démocratique hautement symbolique!

L’électeur genevois a de quoi se gratter la tête en considérant les prises de position des partis et associations en vue de la votation du 17 mai pour ou contre la suppression du jury populaire tiré au sort en matière criminelle et son remplacement par 3 juges professionnels et 4 juges assesseurs non professionnels élus. Cette innovation a été plébiscitée par le Grand Conseil par 56 OUI contre 6 NON seulement et 12 abstentions. Et pourtant, les radicaux, les verts et le MCG, qui totalisent sauf erreur 37 député-e-s, appellent bien aujourd’hui à voter NON (la majorité d’entre eux étaient-ils à la buvette lors du débat sur cet objet ?)… SolidaritéS a pris nettement position pour le NON, avec le Parti du Travail ; je suis sûr que nous aurions su défendre cette position avec plus de fermeté au Grand Conseil !

Pour justifier l’abrogation du jury populaire, les autorités avancent une série d’arguments techniques : danger de non conformité au droit fédéral, compétences ou disponibilités insuffisantes des jurés tirés au sort, nécessité de motiver les jugements, lourdeur des procédures d’appel… Ils n’évoquent jamais l’enjeu démocratique symbolique, combien important, de cette votation : Madame et Monsieur tout le monde peuvent-ils être appelés à donner un jour leur avis sur une question aussi grave que la condamnation ou l’acquittement d’un prévenu d’assises ou de correctionnelle ?

L’un de mes amis socialistes, qui partage la position du Conseil d’Etat, invoquait récemment l’avis du philosophe britannique Herbert Spencer, cet ultra-libéral du 19e siècle, partisan de « la sélection des plus aptes » et gagné au conservatisme, qui traitait le jury populaire avec mépris : « C’est un groupe de douze personnes d'ignorance moyenne réunies par tirage au sort pour décider qui, de l'accusé ou de la victime, a le meilleur avocat ». Mon ami ne savait sans doute pas, qu’avec les mêmes arguments, Spencer s’opposait aussi au suffrage universel, parce que celui-ci risquait de nuire aux intérêts des classes possédantes ! Faire voter les pauvres et les ignorants ? Quelle horreur ! Spencer considérait aussi comme inexorable l’élimination des races inférieures par les races supérieures… Mais ceci est une autre histoire.

Je suis convaincu, tout au contraire, que la démocratie ne peut vivre et se développer que par l’extension des droits populaires et leur exercice direct par le plus grand nombre, non seulement dans le domaine de la justice, mais aussi sur tous les terrains de la vie sociale et économique, dans le cadre de normes légales décidées démocratiquement. C'est en effet la seule et la plus formidable école politique ouverte à toutes et tous. C’est cette divergence fondamentale qui oppose le « socialisme par en bas », dont je me revendique, du « socialisme par en haut », qu’incarne malheureusement si bien la position actuelle du Parti socialiste genevois en faveur de l’abolition du jury populaire.

Jean Batou