01/12/2009

Pour lutter contre l’islamophobie, il faut attaquer le mal à la racine

Le vote majoritaire des électrices et des électeurs suisses du 29 novembre dernier en faveur de l’initiative anti-minarets est un résultat d’une extrême gravité. Le fait qu’il émane d’une consultation populaire est en effet particulièrement inquiétant, puisqu’elle mesure effectivement la progression de la xénophobie et du racisme parmi nous.

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08/10/2009

Tous à la place Neuve à 18h. Ensemble nous sommes forts!

Dans un livre de 2002, intitulé « Sur la frontière », le militant anticolonialiste israélien Michel Warschawski note que « le frontalier est celui dont l’identité se forge dans l’échange, dans une interaction permanente avec ses voisins. C’est une identité plurielle, perméable, métissée. Il vit sur la frontière, mais il n’aime pas les frontières qui sont pour lui un obstacle à franchir, une limite à transgresser ».

Les habitants de l’agglomération franco-valdo-genevoise sont tous des frontaliers ! Ils sont plus nombreux chaque jour à franchir les frontières du canton de Genève, que celui-ci ne compte de résidents ! Un tiers vient des communes vaudoises limitrophes, deux tiers de la Haute-Savoie et de l’Ain. Près de 30’000 Suisses résident aussi en France voisine ; les Français établis à Genève sont moins nombreux.

Mais il n’y a pas que des Suisses et des Français à habiter et à travailler dans l’agglomération. Cette frontière en cache bien d’autres, qui multiplient les statuts des salariés à l’infini : celle qui sépare les ressortissants de l’UE et assimilés des non Européens ; les permis de longue durée des permis de courte durée ; les bénéficiaires d’un statut légal des autres ; les salariés en emploi des chômeurs et des précaires, etc.

Nous l’avons rappelé : frontalier vient du provençal « frountalié », qui signifie voisin. Nous habitons la même maison, le même quartier, la même agglomération ! Nous partageons les mêmes problèmes : le dumping salarial, la précarité, le chômage ; les transports publics sous-développés, les embouteillages et la pollution ; la spéculation immobilière et l’insuffisance de logements bon marché de qualité ; le démantèlement de la protection sociale et des services publics, notamment les hôpitaux et la Poste, etc.

Nous refusons de nous soumettre aux intérêts de ceux qui détiennent l’essentiel des richesses des deux côtés de la frontière et spéculent sur notre travail, nos logements et nos vies ! Nous refusons de nous laisser monter les uns contre les autres par une extrême droite populiste qui ne vise qu’à nous diviser ! Nous refusons la construction d’un nouveau Mur, un mur de haine, au cœur de notre agglomération, qui dresserait les habitants et les salariés les uns contre les autres ! Le monde en compte déjà assez !

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des travailleurs, des usagers des services publics, des locataires, des habitants, femmes et hommes, de toute la région, à lutter ensemble contre les inégalités :

1.     A travail égal, salaire égal ! Pour un salaire minimum légal en Suisse et une revalorisation du SMIG en France !

2.     Non aux licenciements, en particulier dans les entreprises qui font des bénéfices ; non aux fermetures et aux délocalisations par-dessus les frontières !

3.     Pour la création d’emplois publics qui répondent aux besoins sociaux et écologiques de la région (hôpitaux, enseignement, services postaux, isolation des bâtiments, etc.).

4.     Pour un réseau de transports publics efficace et non polluant permettant une réduction massive du trafic motorisé privé à l’échelle de toute l’agglomération !

5.     Pour une politique d’aménagement du territoire visant la construction de logements bon marché de qualité et qui permette de rapprocher chacun de son lieu de travail.

6.     Pour une politique culturelle populaire qui favorise les échanges et les complicités à l’échelle de toute l’agglomération.

Cette manifestation est une première. Elle entend réagir aux provocations haineuses du MCG et de l’UDC. Mais elle propose aussi de construire ensemble, des deux côtés de la frontière, des réponses communes à la crise et aux politiques antisociales de nos autorités.

Nous sommes tous et toutes des frontaliers, retraités, travailleurs, usagers des services publics, jeunes en formation !

Contre la xénophobie et racisme qui nous divisent, défendons nos intérêts pour construire ensemble notre destin commun !

16:11 Publié dans Région | Tags : xénophobie, racisme | Lien permanent | Commentaires (3)

07/10/2009

Fallait-il publier le brûlot raciste de l'UDC?

Je ne suis favorable à l'interdiction de la diffusion d'opinions franchement racistes et haineuses qu'en dernier recours. Mais cela n'implique pas pour autant qu'il faille adopter une attitude de laisser faire. Au contraire, tout doit être mis en oeuvre pour les combattre, les isoler et les marginaliser, ne serait-ce que parce qu'elles blessent les personnes ciblées et peuvent même inciter certains individus racistes à des comportements violents... 
Par exemple, il me paraît juste de refuser d'exposer cette propagande sur des supports qui dépendent directement des pouvoirs publics. Il me semble donc légitime qu'une commune ou un canton n'accepte pas le collage d'une affiche raciste sur des panneaux réservés. Le même raisonnement vaut pour des entreprises subventionnées, comme les TPG, etc.
A Bâle, les autorités ont ainsi refusé l'affiche des partisans de l'initiative anti-minarets, qu'ils devront apposer sur des emplacement privés nettement plus chers. Tant mieux! Les contribuables bâlois n'ont pas à subventionner une campagne raciste. J'espère que Genève et Lausanne en feront de même! Il faudra pourtant continuer à dénoncer cette affiche et, qui sait, certains d'entre nous ne résisteront pas à l'envie de la caviarder...
Dans ce sens, la rédaction d'un quotidien attaché aux valeurs démocratiques devrait aussi, me semble-t-il, refuser d'ouvrir ses colonnes, même contre paiement, à une propagande nauséabonde, comme celle publiée par l'UDC contre la soi-disant "racaille d'Annemasse". Dans cette affaire, la décision du rédacteur-en-chef de la TdG me paraît donc indéfendable. Les abonnés et les lecteurs de la TdG ne veulent pas manger de ce pain-là, et ils-elles sont nombreux aujourd'hui à le faire savoir haut et fort.
Le fait qu'une collectivité publique, une grande régie, un quotidien, etc. refusent de prêter la main à une campagne raciste visant directement, respectivement une partie de ses habitants, de ses travailleurs ou lecteurs... en fonction de la couleur de leur peau, de leur religion, de leur orientation sexuelle, me paraît tout à fait légitime: il témoigne seulement de l'engagement quotidien que l'on est en droit d'attendre d'eux pour la défense des droits humains.

13:44 Publié dans Genève | Tags : racisme, frontaliers, udc | Lien permanent | Commentaires (9)

05/10/2009

Racisme anti-frontaliers, ça suffit! Manifestons le 8 octobre...

L'UDC tremble pour son quorum, cela ne peut que nous réjouir!

Jusqu'ici, le parti de Blocher l'avait joué plutôt "bon chic bon genre"... pour séduire l'Entente et rompre avec son image raciste la plus nauséabonde. Le but de l'UDC n'est-il pas avant tout de bétonner les politiques antisociales les plus extrêmes... 

Mais les masques sont tombés: la campagne du MCG, qui menace aujourd'hui de capter son électorat, pousse les partisans d'Yves Nydegger à la surenchère clairement fascisante... 

Ne nous laissons pas manipuler par ces jusqu'au-boutistes de la haine!

Pas une voix pour l'UDC et le MCG! La racaille, c'est eux!

Toutes et tous à la Place Neuve pour manifester contre le racisme anti-frontaliers, le 8 octobre à 18h. Nous marcherons en direction de la Gare des Eaux-Vives, trait d'union entre Genève et les communes françaises frontalières de Haute-Savoie.

Cette manifestation est soutenue par solidaritéS, la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), UNIA, le Cartel intersyndical de la fonction publique, le SSP-VPOD, la Société Pédagogique Genevoise (SPG), le Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SIT), le Groupement transfrontalier européen, le Parti du Travail (PdT), le Parti socialiste (PSG), Acor-SOS Racisme, le Centre de contact Suisses-Immigrés (CCSI), Mesemrom, NPA-74, United Black Sheep (UBS), MPS... et la liste n'est pas close.

14:32 Publié dans Genève | Tags : racisme, udc, mcg, frontaliers | Lien permanent | Commentaires (10)

28/04/2009

Quand les radicaux jouent à l'UDC

Le Parti radical genevois vient de commettre une pétition au Conseil d’Etat, envoyée "tous ménages" pour récolter des signatures, en vue de "la détention administrative jusqu'à 24 mois des criminels multirécidivistes violents sans titre de séjour valable".

Pour un petit délit juste punissable de quelques jours amendes, les sans-papiers risqueraient ainsi jusqu’à 2 ans d’incarcération... Le canton est appelé à faire usage de la détention administrative et à aménager «un lieu adéquat» dans ce but. Pour un tour de chauffe pré-électoral, c’est mieux que l'UDC!

Derrière cette prose nauséabonde, les édiles genevois du parti : Pierre Maudet (Conseiller administratif), Frédéric Hohl (chef de groupe au Grand Conseil) et Rolin Wavre, secrétaire général.

Renvoyez ce torchon liberticide et raciste à son expéditeur, avec votre avis sur la plage réservée aux signatures. Un peu d’imagination, que diable…: «Construisons des camps!»; «si le taser ne suffit pas, essayons la gégène!»; «Pourquoi ne pas leur couper les oreilles?». C’est affranchi à forfait! Il en coûtera chaque fois 1,10 Frs aux radicaux. Et vu que l'UBS n'a plus les moyens de les aider...

Jean Batou