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SWISSCOM ET LE CONSEIL FÉDÉRAL FONT FAUSSE ROUTE : FERMONS LES ENTREPRISES NON INDISPENSABLES !

Face à la pandémie, le Conseil Fédéral refuse de suspendre les activités économiques non indispensables à la lutte contre COVID-19. En même temps, Swisscom s’engage à livrer des informations sur la géolocalisation de regroupements de plus de 20 personnes dans un espace de 100 m. sur 100 m. à l’Office fédéral de la santé publique. Cherchez l’erreur…

Tout d’abord, cette géolocalisation ne révèlera pas, on s’en doute, que des dizaines de milliers d’employeurs continuent à confiner 20 salarié·e·s ou plus dans un espace inférieur à 100 m. sur 100 m. Swisscom a déclaré en effet qu’il ne scruterait pas l’espace privé (entendez : les lieux de travail). Et pourtant, que peuvent bien peser les quelques rassemblements proscrits dans l’espace public, par rapport à ceux que justifient les employeurs et le Conseil Fédéral à l’unisson dans les secteurs économiques non indispensables à la lutte contre COVID-19.

Mais comment circonscrire, me direz-vous, les activités indispensables ? Ce sont tout d’abord celles qui contribuent aujourd’hui, et dans les semaines et mois à venir, à l’approvisionnement de la population, à sa protection et aux soins auxquels elle doit pouvoir prétendre. Ainsi que toutes celles qui permettent de soutenir les efforts des salarié·e·s qui s’activent en première ligne de la bataille contre la pandémie, avant tout le personnel de la santé et de la distribution des biens indispensables (commerces alimentaires, pharmacies, etc.). Ce cercle comprend aussi bien entendu les employé·e·s chargés du transport des personnes amenées à poursuivre leur travail, de même que la prise en charge de leurs enfants.

BBWY.pngQue révèle une telle contradiction entre une surveillance inquiétante de l’espace public et un laissez-faire complice dans l’espace privé des entreprises ? D’abord que la santé des « milieux économiques » compte plus aux yeux du Conseil Fédéral que celle de la population dans son ensemble. Alors que le nombre de morts de la pandémie atteint 170 personnes au niveau national, et qu’un scénario à l’italienne est déjà une réalité dans le canton du Tessin (20 morts pour 100 000 hab., contre 12 en Italie et 50 en Lombardie), les autorités ne craignent pas de prendre des mesures de surveillance dignes d’un État policier pour traquer quelques centaines de jeunes irréductibles qui continuent à se réunir dans l’espace public.

Ces deux attitudes ne peuvent que susciter l’indignation. En effet, la première refuse de prendre la mesure du défi sanitaire auquel nous faisons face et menace à court terme des centaines de salarié·e·s dans leur santé, voire dans leur vie, mettant par là aussi en danger le reste de la population. Quant à la seconde, elle opte délibérément pour une inquisition et une répression digne de George Orwell (« Big Brother is Watching You »), alors que la lutte contre COVID-19 ne pourra progresser que par l’intervention consciente de chacun·e et donc par l’action collective et démocratique de toutes et tous.

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