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COVID-19 : LA LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL ?

Mercredi, le Conseil fédéral va sans doute annoncer que nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel et qu’il faut prudemment mettre en place un scénario et un calendrier de sortie de crise. En projetant les évolutions enregistrées grâce au confinement et à l’arrêt d’une partie significative des activités économiques (même si l’ensemble des activités non essentielles et non urgentes n’ont pas été stoppées), nous pouvons dresser le graphique suivant de la surmortalité due à COVID-19 :

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Jusqu’au 5 avril, nous sommes dans le domaine de l’évolution réellement enregistrée et des données publiées par l’OFS, que je n’ai fait que reprendre. Avec la semaine qui s’achève le 12 avril, il s’agit déjà d’extrapolations de ma part, sans doute très proches de la réalité, mais plus aléatoires à mesure que l’on avance dans le temps. Elles sont fondées sur la confirmation des évolutions récentes, liées aux mesures de confinement. Et ce sont sur ces évolutions que le Conseil Fédéral réfléchit sans doute.

Mais que va-t-il se passer si les mesures prises jusqu’ici sont allégées ? C’est là qu’il faut introduire les grandes tendances internationales, tant il est vrai que cette pandémie et les dispositions pour s’y opposer ne peuvent pas être pensées pays par pays :

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Ce graphique extrêmement suggestif, publiés hier par le Financial Times, montre que la pandémie reste en pleine expansion, aux États-Unis mais aussi en Europe, en dépit des mesures de confinement et de fermeture des frontières adoptées par un grand nombre de pays. Certes, les États les plus durement touchés, comme l’Italie, l’Espagne, la France, la Belgique et la Hollande, mais aussi la Suisse (plus de 1100 morts aujourd’hui), ont réussi finalement, au prix de gros efforts, à contenir la progression de l’épidémie.

Pourtant, le contexte d’ensemble reste explosif. Il suffit d’observer l’élargissement inquiétant de « l’entonnoir » ci-dessus, en particulier au cours de cette toute dernière semaine pour mesurer que nous ne sommes pas du tout sortis du tunnel. Et c’est là que les scenarii de « sortie de crise » élaborés au niveau national sont lourds de dangers. Il est en effet peu concevable de remettre en marche l’économie sans relancer à nouveau la circulation des marchandises, des personnes… et du virus.

Que faire alors ? Maintenir le confinement tant que nécessaire et suspendre les activités économiques non indispensables et urgentes afin de faire reculer l’épidémie de façon décisive dans les prochaines semaines. Accompagner tout geste de déconfinement d’une généralisation des tests et du traçage du virus, mais aussi d’une distribution massive de masques de protection et de gels hydroalcooliques, pour empêcher tout rebond. Renforcer durablement les services publics et les prestations sociales. Enfin, exiger un effort de solidarité des grandes fortunes, alors que les salarié·e·s et les petits indépendant·e·s endurent le plus fortement les conséquences de la crise.

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