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LE VIRUS ET LA FAIM DANS LE MONDE

À la fin de cette année, les populations affectées par une famine aigüe devraient plus que doubler, passant ainsi de 130 à 265 millions de personnes, selon les experts du Programme alimentaire mondial. Le confinement et la distance sociale ont en effet supprimé les sources de revenus les plus élémentaires de très nombreuses personnes qui survivent au jour le jour. L’année n’avait déjà pas bien commencé pour elles, mais les mois à venir s’annoncent beaucoup plus sombres.

Capture d’écran 2020-04-23 à 11.19.40.pngEn effet, il ne s’agit pas d’un choc localisé lié à une catastrophe "naturelle" (sécheresse, inondation, invasion de sauterelles, etc.) ou à un conflit guerrier, mais d’un phénomène global qui dépasse les capacités des agences d’aide nationales et internationales, de surcroît dans la période de dépression économique mondiale qui se dessine. Par exemple, les pays qui financent des programmes sociaux grâce à la rente pétrolière, comme l’Iran ou le Venezuela, n’ont plus les moyens de répondre au besoins. Ceux qui comptent sur les revenus du tourisme ou sur les transferts d’argent des travailleurs migrants rencontrent aussi d'énormes difficultés.

Dans les zones perturbées par des conflits majeurs – Syrie, Ouganda, Éthiopie, Centrafrique, Sud Soudan, Mali, Niger, etc. – , où les populations rurales sont déjà durement affectées, des centaines de milliers de réfugiés survivent dans des conditions très précaires. Dès lors, les couvre-feux et restrictions de déplacement posent des problèmes supplémentaires insurmontables pour acheminer une aide vitale. Il en va de même des régions d’Afrique Orientale, touchées récemment par des invasions de sauterelles extrêmement destructrices.

La pandémie peut affecter directement la production agricole (des plantations aux récoltes), mais elle mine surtout l’approvisionnement des régions qui dépendant fortement des importations régionales ou internationales. Elle touche aussi la distribution des vivres, en particulier dans les pays du Sud global, où celle-ci dépend de réseaux à forte intensité de travail. À leur tour, les pénuries provoquent l’exode de populations urbaines fragiles, directement menacées : un demi-million d’entre elles ont ainsi déjà quitté les villes de l’Inde pour regagner leurs villages d’origine. 

Plus directement, avec la fermeture des écoles, des centaines de millions d’enfants ont été privés des repas qui y sont distribués. À l’issue d’une empoignade meurtrière à l'occasion d’une distribution de vivres à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi (Kenya), un volontaire confiait ainsi au New York Times  (22 avril 2020) : « Le coronavirus est tout sauf un grand niveleur. Il est le grand révélateur qui dévoile la barrière de classe et montre combien cette société est profondément inégalitaire ».

Commentaires

  • Pas besoin d'aller chercher au tiers monde. De nombreuses chaînes de transport de produits de première nécessité, dont l'alimentation fait partie, sont interrompues à cause de difficultés financières des transporteurs, faute de crédits (publics ?) En Californie, des milliers de tonnes de nourritures sont jetées chaque jour et on peut observer le même phénomène dans certains pays européens.

  • La solution existe et est simple : Arrêter de faire des enfants ! La planning familial dans certains pays est inexistant et pourtant nécessaire !

  • @OctaveVairgebels Heureusement que vos parents n`ont pas suivi votre précepte, pas vrai ?

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