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  • LE VIRUS ET LA FAIM DANS LE MONDE

    À la fin de cette année, les populations affectées par une famine aigüe devraient plus que doubler, passant ainsi de 130 à 265 millions de personnes, selon les experts du Programme alimentaire mondial. Le confinement et la distance sociale ont en effet supprimé les sources de revenus les plus élémentaires de très nombreuses personnes qui survivent au jour le jour. L’année n’avait déjà pas bien commencé pour elles, mais les mois à venir s’annoncent beaucoup plus sombres.

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  • CHRONIQUE D’UNE CATASTROPHE ANNONCÉE

    Le 31 décembre dernier, après un mois et demi de déni et de tergiversations (le premier malade avait été signalé le 17 novembre), la Chine informe l’OMS de l’apparition d’un nouveau virus, dont la létalité et la contagiosité vont être rapidement démontrées. Le 23 janvier, elle décide de couper la ville de Wuhan (11 millions d’habitants) du reste du pays, perturbant du même coup de nombreuses chaînes de production mondialisées. Les responsables occidentaux assistent alors sans le comprendre au premier acte d’une pandémie globale.

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  • STOPPER LA PANDÉMIE DU VIRUS ET DE LA DETTE

    Capture d’écran 2020-04-18 à 16.40.12.pngÀ la fin de l’année 2019, dix ans après la crise financière de 2007-09, l’économie mondiale n’était pas encore sortie d’une longue période de déséquilibres : surcapacités physiques importantes, ralentissement de la production et des échanges et explosion astronomique de l’endettement public et privé. Elle marquait déjà des signes de rechute, notamment un ralentissement des investissements productifs, de l’activité manufacturière et des échanges internationaux.

    La pandémie du COVID-19 a donc frappé au plus mauvais moment. De surcroît, les marges de manœuvre des banques centrales (baisse des taux), des États (nouvel endettement public, relance des dépenses d’infrastructures) sont objectivement limitées. Tout ceci dans un contexte de hausse durable des cours des matières premières, de guerre commerciale internationale et d’atonie généralisée de la demande.

    Dans un tel environnement global, le fléchissement de l’investissement productif depuis 2018 est bien compréhensible. Il répond au ralentissement de la demande d’équipements et de biens de consommation, ceci en dépit d’un endettement public et privé colossal (87 trillions de dollars de plus qu’au début de la crise de 2008) et de dépenses de publicité insensées (plus de 560 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2019). Pourtant, le rendement des investissements productifs demeure toujours insuffisant, provoquant le reflux d’énormes masses de capitaux vers la spéculation financière.

    La hausse des prix des matières premières contribue à cette érosion des profits dans la sphère productive : après avoir baissé en termes réels de 0,5% par an durant le 20esiècle, ils ont doublé en 20 ans, depuis le début du 21esiècle. Cette inversion répond cependant à des causes profondes : raréfaction des produits de base et ressources énergétiques, gisements moins accessibles, augmentation des risques politiques à l’exploitation et au transport, incorporation partielle des coûts environnementaux, perturbations climatiques (pour les produits agricoles), hausse de la demande à long terme des économies émergentes, etc.

    Compte tenu de ce qui précède, on peut se demander quelle va être la gravité de la profonde dépression qui s’annonce et quels moyens permettraient d’en faire payer la facture aux grands prédateurs du capital financier plutôt qu'au monde du travail et aux couches les plus précaires de la population. Dans l'immédiat, le niveau d’endettement va faire un nouveau et formidable bond en avant – il devrait actuellement dépasser 260 trillions de dollars, soit 3,25 fois le PIB mondial. En même temps, la réduction de la masse salariale va entraîner de nouvelles restrictions de la demande et créer une nouvelle incitation à réduire les investissements productifs.

    À l’heure où plusieurs États du Sud sont au seuil de la cessation de paiement du service de leur dette, il est évidemment urgent d’annuler celles-ci sans exiger de nouvelles compressions budgétaires de pays ravagés par une misère de masse. Mais au-delà, ne doit-on pas envisager plus généralement l’annulation de l’ensemble des dettes, alors que le PIB mondial devrait diminuer d’au moins 3% en 2020 ? Car derrière la dette, il y a le capital rentier qui en tire parti, ne produit rien d’utile, et détermine de plus en plus les politiques économiques régressives qui nous mènent à une véritable impasse de civilisation.

    Voilà une réponse éminemment politique à la crise que nous traversons, que le choc de COVID-19 pourrait amener de larges secteurs de l’opinion publique à comprendre et à préconiser.

  • COVID-19 : DÉJÀ L’ÉQUIVALENT DE 5 GRIPPES SAISONNIÈRES EN SUISSE

    Comment mesurer l’importance de la pandémie ? À l’heure qu’il est, le nombre de décès attribué à COVID-19 à l’échelle mondiale se monte à quelque 125 000 et augmente de 5 000 victimes par jour. Si ces chiffres constituent de premières approximations, ils sont sans doute très inférieurs à la réalité. Pour ne prendre que le cas de la Suisse, la surmortalité liée au coronavirus durant la semaine du 29 mars au 5 avril peut être évaluée à 741 personnes (différence entre le nombre de morts, année moyenne, durant cette semaine, et le nombre de morts en 2020) (cf. mon post du 13 avril).

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  • COVID-19 : LA LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL ?

    Mercredi, le Conseil fédéral va sans doute annoncer que nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel et qu’il faut prudemment mettre en place un scénario et un calendrier de sortie de crise. En projetant les évolutions enregistrées grâce au confinement et à l’arrêt d’une partie significative des activités économiques (même si l’ensemble des activités non essentielles et non urgentes n’ont pas été stoppées), nous pouvons dresser le graphique suivant de la surmortalité due à COVID-19 :

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    Jusqu’au 5 avril, nous sommes dans le domaine de l’évolution réellement enregistrée et des données publiées par l’OFS, que je n’ai fait que reprendre. Avec la semaine qui s’achève le 12 avril, il s’agit déjà d’extrapolations de ma part, sans doute très proches de la réalité, mais plus aléatoires à mesure que l’on avance dans le temps. Elles sont fondées sur la confirmation des évolutions récentes, liées aux mesures de confinement. Et ce sont sur ces évolutions que le Conseil Fédéral réfléchit sans doute.

    Mais que va-t-il se passer si les mesures prises jusqu’ici sont allégées ? C’est là qu’il faut introduire les grandes tendances internationales, tant il est vrai que cette pandémie et les dispositions pour s’y opposer ne peuvent pas être pensées pays par pays :

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    Ce graphique extrêmement suggestif, publiés hier par le Financial Times, montre que la pandémie reste en pleine expansion, aux États-Unis mais aussi en Europe, en dépit des mesures de confinement et de fermeture des frontières adoptées par un grand nombre de pays. Certes, les États les plus durement touchés, comme l’Italie, l’Espagne, la France, la Belgique et la Hollande, mais aussi la Suisse (plus de 1100 morts aujourd’hui), ont réussi finalement, au prix de gros efforts, à contenir la progression de l’épidémie.

    Pourtant, le contexte d’ensemble reste explosif. Il suffit d’observer l’élargissement inquiétant de « l’entonnoir » ci-dessus, en particulier au cours de cette toute dernière semaine pour mesurer que nous ne sommes pas du tout sortis du tunnel. Et c’est là que les scenarii de « sortie de crise » élaborés au niveau national sont lourds de dangers. Il est en effet peu concevable de remettre en marche l’économie sans relancer à nouveau la circulation des marchandises, des personnes… et du virus.

    Que faire alors ? Maintenir le confinement tant que nécessaire et suspendre les activités économiques non indispensables et urgentes afin de faire reculer l’épidémie de façon décisive dans les prochaines semaines. Accompagner tout geste de déconfinement d’une généralisation des tests et du traçage du virus, mais aussi d’une distribution massive de masques de protection et de gels hydroalcooliques, pour empêcher tout rebond. Renforcer durablement les services publics et les prestations sociales. Enfin, exiger un effort de solidarité des grandes fortunes, alors que les salarié·e·s et les petits indépendant·e·s endurent le plus fortement les conséquences de la crise.

  • COVID-19 ÉTAIT-IL PRÉVISIBLE ? AURAIT-IL PU ÊTRE MIEUX CONTENU ?

    En septembre 2019, une équipe de chercheurs du John Hopkins Center for Health Security publiait un rapport, à la demande de l’OMS, intitulé « État de préparation à une pandémie causée par un agent pathogène respiratoire à fort impact ». Le 6 avril, la principale responsable de cette étude, l’épidémiologiste Jennifer Nuzzo, revenait pour Jstor Dailysur cet avertissement que les responsables politiques n’ont pas voulu entendre.

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  • « NE NOUS FLATTONS PAS TROP DE NOS VICTOIRES SUR LA NATURE. ELLE SE VENGE SUR NOUS DE CHACUNE D’ELLES »

    Cette phrase, qui tombe sous le sens dans une perspective écologiste, a été publiée en 1883, il y a près de 140 ans, par le plus proche compagnon de Karl Marx, Friedrich Engels. Je reproduis le passage du raisonnement qu'elle introduit, dans un ouvrage intitulé "La dialectique de la nature", en songeant à son extraordinaire actualité, à l'heure du réchauffement climatique et des nouvelles pandémies microbiennes liées à la déforestation et à l'extension des élevages industriels en batterie.

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  • SUISSE, ITALIE, CORÉE : QUEL BILAN DU PREMIER MOIS DE PANDÉMIE ?

    Il y a un mois, le 4 mars, le premier malade mourait de COVID-19 en Suisse, un jour après le premier décès en Corée du Sud, et douze jours après le premier décès en Italie. À 13 h., aujourd’hui, la Suisse déplorait 620 victimes, 7,3 pour 100 000 habitants, soit une proportion identique à celle de l’Italie à l’issue d’un mois de pandémie, le 21 mars à la mi-journée, mais vingt-et-une fois supérieur à celui de la Corée dans le même laps de temps. Allons-nous continuer à suivre le chemin que l’Italie dans les jours à venir ?

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